L’hygiène intime ne doit pas être prise à la légère.
Très sensible et caractérisée par une physiologie complexe, la région génitale est particulièrement fragile. Elle nécessite ainsi une attention spécifique pour préserver l'équilibre de son microbiote, l'ensemble des micro-organismes qui agissent comme une barrière protectrice naturelle contre les agents pathogènes extérieurs. Composées à près de 95% de bactéries lactiques, synthétisant de l'acide lactique, les parties intimes sont caractérisées par un faible pH, d'environ 4, qui contribue à limiter la prolifération des microbes nuisibles. Une altération de ce pH ou de la flore microbienne augmente les risques d'assèchement, d'irritations et d'infections. L'huile de ricin, plébiscitée pour ses nombreux bienfaits pour la peau, pourrait-elle aussi être intéressante pour cette zone particulière ?
L'huile de ricin pour apaiser les irritations post-rasage ?
Les personnes qui épilent ou rasent leurs poils pubiens le savent bien : les lames de rasoir, la cire ou l'épilateur électrique peuvent causer des irritations, des rougeurs et des micro-lésions. Certains baumes ou lotions formulés spécifiquement pour les parties intimes permettent heureusement d'apaiser la peau sensibilisée.
L'huile de ricin, considérée comme un anti-inflammatoire naturel, entre parfois dans leur composition. Certains de ses acides gras sont en effet capables d'inhiber la libération de certaines cytokines pro-inflammatoires telles que le facteur de nécrose tumorale (TNF-α) et les interleukines 1β et 6 (IL-1β et IL-6). Ces molécules sont notamment impliquées dans les phénomènes inflammatoires de type rougeurs et démangeaisons.
La composition riche de l'huile de ricin nous permet de supposer que cet extrait botanique pourrait calmer les irritations dues à l'épilation ou au rasage.
L'huile de ricin pour hydrater les parties intimes ?
Il n'est pas rare pour les parties intimes, particulièrement pour le vagin, d'être victimes de sécheresse cutanée. Cette dernière peut résulter de multiples facteurs : fluctuations hormonales, notamment à la ménopause, nettoyages excessifs altérant le film protecteur, ou frottements répétés liés à des sous-vêtements inadaptés. Cette déshydratation ne se limite pas à un inconfort passager et rend la muqueuse et la peau adjacente plus vulnérables aux micro-fissures. Il est donc important d'intervenir dès les premiers signes de tiraillements pour restaurer l'équilibre hydrique des parties intimes et prévenir une inflammation plus profonde.
L'application d'un soin riche en huile de ricin constitue une solution intéressante pour pallier ce manque d'hydratation. Contrairement aux idées reçues, une huile végétale n'apporte pas d'eau directement, mais elle agit comme un agent occlusif et émollient. L'huile de ricin contient notamment de l'acide oléique, un oméga-9 reconnu pour ses propriétés filmogènes. En créant une barrière protectrice, cet acide gras limite la perte insensible en eau, retenant ainsi l'humidité naturellement présente dans les tissus de la zone intime.
Cette action est complétée par la synergie des acides palmitique et stéarique, des acides gras saturés qui renforcent le ciment intercellulaire de la couche cornée. En consolidant la barrière cutanée, ces composants protègent la zone des agressions extérieures et des irritants chimiques.
L'utilisation de l'huile de ricin dans des soins dédiés à la sphère génitale externe permet donc non seulement de réhydrater immédiatement la peau par effet émollient, mais aussi de restaurer sa fonction barrière face aux agressions du quotidien.
L'huile de ricin pour prévenir les infections fongiques des parties intimes ?
Les parties intimes sont enclines à être colonisées par des champignons, pouvant provoquer une mycose du gland ou une mycose vaginale. Ces affections occasionnent des rougeurs, des irritations et des démangeaisons particulièrement difficiles à supporter. Les mycoses sont le plus souvent dues à une colonisation par le micro-organisme Candida albicans, pouvant résulter de la prise d'antibiotiques ou d'une immunité affaiblie.
Or, on prête à l'huile de ricin la capacité de ralentir, voire de stopper, la croissance de certains champignons. D'après une étude in vitro, cet extrait botanique pourrait notamment inhiber de façon dose-dépendante la prolifération du micro-organisme Lentinus sajor-caju, un champignon de la famille des Polyporaceae. Au cours de cette étude, l'effet antifongique de l'huile de ricin a été comparé à celui du fluconazole, un médicament couramment utilisé pour traiter les mycoses. La méthode des disques, également connue sous le nom de test de Kirby-Bauer, a été utilisée. Les résultats obtenus après incubation pendant 24 heures sont rassemblés dans le tableau ci-dessous.
Évaluation des propriétés antifongiques de l'huile de ricin.
Source : ALARAPE A. & al. Physico-chemical properties and in vitro antifungal activities of Ricinus communis seed oil against Lentinus sajor-caju. Scholars Research Library (2014).
L'huile de ricin semble ainsi avoir un véritable effet antifongique contre Lentinus sajor-caju, qui pourrait potentiellement s'étendre à d'autres champignons, y compris à Candida albicans.
Même si davantage d'études sont encore nécessaires, il est possible que l'huile de ricin puisse aider à prévenir ou à éliminer les mycoses des parties intimes. Malgré cela, pour lutter efficacement contre ces dernières, nous vous recommandons de consulter un médecin pour obtenir un traitement adapté.
Remarque : Même si on peut parfois lire que l'huile de ricin permet de nettoyer l'utérus, il n'en est rien. L'utérus est un organe doté de son propre système d'auto-nettoyage via le cycle menstruel et les sécrétions cervicales. Aucune application topique d'huile végétale ne peut atteindre cet organe et toute tentative d'utilisation interne présente des risques pour la flore utérine. De plus, l'huile de ricin ne possède pas de propriété nettoyante à proprement parler. Contrairement aux tensioactifs présents dans les produits lavants, elle ne permet pas de solubiliser les impuretés. Elle est exclusivement lipidique, capable de nourrir et de protéger la peau, mais sans assurer sa propreté.