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Définition de la perte insensible en eau.

Peau et hydratation : qu’est-ce que la perte insensible en eau (PIE) ?

La peau perd de l’eau en permanence, même lorsque l’on ne transpire pas. Ce phénomène naturel, appelé perte insensible en eau (PIE), participe à l'équilibre cutané. Lorsqu’il s’intensifie, la peau devient plus fragile et plus réactive. Mais qu’est-ce que la perte insensible en eau exactement ? Décryptons ensemble ce mécanisme pour mieux comprendre l’hydratation cutanée.

Publié le 4 mars 2026, mis à jour le 4 mars 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 9 min de lecture
Thèmes :

≈ 60%

de notre organisme est constitué d'eau.

≈ 30%

de l'eau du corps est située dans la peau.

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Quel est le rôle de l'eau dans la peau ?

L’eau conditionne à la fois l'architecture et le fonctionnement biologique de la peau.

Sa répartition est toutefois très inégale selon les couches cutanées. Le derme concentre environ 80% de l’eau totale de la peau. Cette forte teneur s’explique par la richesse de sa matrice extracellulaire en macromolécules hydrophiles, dont l’acide hyaluronique. Grâce à ses nombreuses charges négatives, ce dernier attire et retient des molécules d’eau en formant un gel semi-fluide dense. Cette eau, fortement liée, est dite peu mobilisable : elle participe à la souplesse et au maintien du volume tissulaire, sans pour autant circuler librement ni s’évaporer.

L’épiderme, à l’inverse, n'est pas vascularisé et dépend entièrement de la diffusion passive de l’eau depuis le derme. Sa couche la plus superficielle, la couche cornée, ne contient que 10 à 20% d’eau. Pourtant, c’est cette fraction qui détermine l’état d’hydratation visible et ressenti de la peau. Contrairement à l’eau dermique, celle de l’épiderme est mobilisable : elle circule selon des gradients osmotiques et transépidermiques. Une partie finit par atteindre la surface et s’évaporer progressivement, même en l’absence de transpiration visible.

Au-delà de son rôle structurel, l’eau est indispensable au fonctionnement cellulaire de la peau. Elle constitue le milieu des réactions métaboliques, conditionne l’activité enzymatique, notamment celle impliquée dans la desquamation, et permet la diffusion des signaux entre les cellules. Elle favorise également la cicatrisation en créant un environnement propice à la migration cellulaire et à la synthèse de collagène, tout en participant à la thermorégulation grâce à l’évaporation de la sueur.

La perte insensible en eau : zoom sur ce mécanisme.

Même lorsque la peau ne transpire pas, elle perd en permanence une petite quantité d’eau.

Ce phénomène physiologique porte le nom de perte insensible en eau (PIE), ou "transepidermal water loss" (TEWL) en anglais. Il correspond au flux diffusif passif d’eau qui migre depuis les couches profondes de la peau, riches en eau, vers la surface cutanée, avant de s’évaporer dans l’environnement. Cette diffusion est continue et indépendante de la sudation : elle se produit même au repos, à température ambiante. La PIE est un indicateur de l'efficacité de la fonction barrière cutanée.

Elle est exprimée en grammes d’eau perdus par mètre carré de peau et par heure (g/m²/h) et mesurée à l’aide d’appareils spécifiques utilisés en dermatologie et en recherche clinique, comme les évaporimètres ou encore les tewamètres. Une augmentation de la PIE est généralement associée à une altération de la barrière cutanée, tandis qu’une valeur normale ou basse est interprétée comme le signe d’une barrière intacte ou restaurée. Il ne s’agit cependant pas d’une valeur absolue universelle : il n’existe pas une “PIE normale” valable pour toute la peau. En effet, la perte insensible en eau varie considérablement selon les zones. Les régions fines, riches en glandes sudoripares ou soumises à des frottements présentent des valeurs plus élevées que d’autres zones.

2 – 3 g/m²/h

Perte insensible moyenne au niveau de la poitrine.

39,8 – 48,2 g/m²/h

Perte insensible moyenne au niveau des aisselles.

La perte insensible en eau est également influencée par de nombreux facteurs externes : température ambiante, humidité relative, saison, pollution... Pour cette raison, la PIE est davantage un paramètre relatif qu’absolu. Par ailleurs, le vieillissement cutané modifie la perte insensible en eau. Contrairement à l’idée intuitive selon laquelle une peau âgée serait plus perméable, plusieurs analyses suggèrent que la PIE chez les personnes âgées est comparable, voire légèrement inférieure, à celle observée chez des adultes plus jeunes. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette tendance : augmentation de la taille des cornéocytes, modification de l’organisation lipidique ou augmentation de la résistance à la diffusion de l’eau dans la couche cornée.

Néanmoins, la signification clinique de cette diminution reste discutée, car une PIE basse ne reflète pas nécessairement une meilleure hydratation globale de la peau, surtout que l'on sait que les personnes âgées sont souvent plus sujettes à la xérose. Notons en effet que la perte insensible en eau n'est pas le seul paramètre indicatif de l'hydratation cutanée. Elle mesure un flux d’eau sortant, mais ne renseigne pas directement sur la quantité d’eau contenue dans la couche cornée. Une peau peut présenter une teneur en eau superficielle réduite sans que la PIE soit nécessairement élevée, et inversement. C’est l’équilibre entre stockage, distribution, rétention et évaporation qui détermine l’état d’hydratation cutanée.

À retenir : La perte insensible en eau reflète l'équilibre dynamique entre l'eau apportée depuis le derme et la capacité de la barrière épidermique à en limiter la diffusion.

Comment l'eau est-elle retenue dans la peau ?

Si la peau perd naturellement de l’eau en continu, elle dispose heureusement de différents mécanismes pour la retenir. Au sein de la couche cornée, les cornéocytes renferment des composés hygroscopiques regroupés sous le nom de facteurs naturels d’hydratation (FNH, ou NMF en anglais). Issus principalement de la dégradation de la filaggrine, ces molécules ont la capacité de capter et de retenir l’eau. Elles permettent ainsi de maintenir une hydratation suffisante à l’intérieur des cornéocytes et de préserver la souplesse de la peau.

La circulation de l’eau entre les différentes couches de l’épiderme est également régulée par des protéines membranaires spécialisées : les aquaporines. L’aquaporine-3, particulièrement abondante dans les kératinocytes, facilite le passage de l’eau mais aussi du glycérol, contribuant à une distribution homogène de l’humidité dans la peau. Enfin, la principale résistance à la perte hydrique repose sur l’organisation lipidique de la couche cornée. Entre les cornéocytes, des lipides intercellulaires, notamment des céramides, s’organisent en feuillets lamellaires compacts. Ils forment ainsi un ciment qui limite la diffusion de l'eau vers l'extérieur. À cela s’ajoute le film hydrolipidique, mélange de sébum et de sueur, qui forme une fine couche protectrice réduisant l’évaporation à la surface de la peau.

Lorsque ces mécanismes s'altèrent, les pertes en eau s'accentuent et la peau peut devenir plus sèche et plus rugueuse.

Sources

FAQ sur le perte insensible en eau.

La perte insensible en eau est-elle la même chose que la transpiration ?

Non. La PIE correspond à une diffusion passive et continue de l’eau à travers l’épiderme, tandis que la transpiration est un mécanisme actif impliquant les glandes sudoripares qui sert à réguler la température corporelle.

Une PIE élevée signifie-t-elle forcément que la peau est sèche ?

Pas nécessairement. Une PIE élevée peut traduire une altération de la barrière cutanée, mais la sécheresse dépend aussi de la teneur en eau de la couche cornée.

Le climat influence-t-il la perte insensible en eau ?

Oui. Une faible humidité ambiante, le vent ou le froid peuvent augmenter la diffusion de l’eau vers l’extérieur et accentuer la PIE.

Les peaux grasses ont-elles une PIE plus faible ?

Le sébum peut en effet contribuer à limiter l’évaporation de l'eau à la surface de la peau.

La PIE varie-t-elle selon l’heure de la journée ?

Oui, il existe des variations circadiennes. Certaines études suggèrent que la PIE est un peu plus élevée le soir.

Peut-on mesurer la perte insensible en eau à domicile ?

Non, sa mesure nécessite des appareils spécifiques utilisés en dermatologie ou en recherche clinique, dans des conditions environnementales contrôlées.

L’hydratation orale influence-t-elle la PIE ?

Une hydratation systémique suffisante est importante pour la santé globale, mais elle n’agit pas directement sur la fonction barrière de la couche cornée.

Les exfoliations augmentent-elles la PIE ?

Oui, temporairement. En altérant la couche cornée, les peelings ou gommages peuvent augmenter transitoirement la perte en eau jusqu’à restauration de la barrière.

Les nourrissons ont-ils une PIE plus élevée que les adultes ?

Oui, leur barrière cutanée est encore immature, ce qui peut entraîner une perte insensible en eau plus importante que chez l’adulte.

Les soins occlusifs bloquent-ils totalement la PIE ?

Non. Ils réduisent l’évaporation de l'eau, mais ne suppriment pas totalement sa diffusion à travers la peau.

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