Les varices pelviennes apparaissent lorsque les veines situées dans le bassin se dilatent sous l'effet d'une circulation sanguine insuffisante et d'une pression veineuse élevée. Chez de nombreuses personnes, ces veines dilatées ne provoquent aucun symptôme perceptible et sont découvertes fortuitement lors d'un examen d'imagerie. Dans certains cas, cependant, les varices pelviennes sont associées au syndrome de congestion pelvienne (SCP), une affection caractérisée par des douleurs pelviennes chroniques persistant plusieurs mois, voire plusieurs années. Cette douleur est souvent décrite comme une sensation de pression sourde et lancinante, susceptible de s'intensifier après de longues périodes en position debout, en fin de journée ou à la suite d'une activité physique.
Le SCP se développe lorsque le sang stagne dans les veines pelviennes en raison d'un dysfonctionnement des valves veineuses, qui laissent le sang refluer au lieu de le ramener efficacement vers le cœur. Les données cliniques montrent que la sévérité des symptômes ne correspond pas toujours au diamètre des veines. Certaines personnes présentent des veines pelviennes ou ovariennes nettement dilatées sans ressentir de gêne particulière, tandis que d'autres décrivent des douleurs pelviennes intenses malgré une dilatation veineuse modérée. Les varices pelviennes peuvent également dévier le flux sanguin vers des veines adjacentes, entraînant l'apparition de varices vulvaires, fessières ou situées à la face postérieure des cuisses.
Pourquoi certaines femmes développent-elles des varices au niveau du bassin ou des zones intimes ?
Certaines femmes développent des varices principalement au niveau des jambes, tandis que d'autres les observent dans le bassin ou la région intime — car le point de départ du reflux veineux n'est pas toujours identique. Durant la grossesse, les veines pelviennes peuvent se dilater de façon importante : leur capacité est susceptible d'augmenter jusqu'à environ 60 fois, ce qui peut favoriser une stase sanguine dans les veines pelviennes et vulvaires chez certaines femmes. Pour autant, les varices vulvaires restent peu fréquentes et ne concernent que 2 à 4% des grossesses environ — ce qui montre que la grossesse seule ne détermine pas l'endroit où les varices apparaîtront.
L'anatomie joue également un rôle déterminant : certaines femmes naissent avec des valvules moins nombreuses ou moins fonctionnelles dans les veines ovariennes, et ces valvules peuvent même être absentes dans environ 15% des cas à gauche et 6% à droite, ce qui favorise le reflux sanguin vers le pelvis. Lorsque les veines pelviennes sont insuffisantes, le sang peut emprunter des voies de dérivation et se manifester sous forme de veines visibles autour de la vulve, de l'aine, de la fesse ou de la face interne supérieure de la cuisse, plutôt qu'au niveau du mollet.
Comment diagnostique-t-on et traite-t-on les varices pelviennes ?
Les symptômes étant peu spécifiques et très variables, l'échographie est considérée comme l'examen de première intention : elle permet d'évaluer le diamètre des veines, la direction du flux sanguin et la durée du reflux, de manière sûre et non-invasive. Le scanner ou l'IRM peuvent être utilisés pour cartographier les veines pelviennes et identifier les schémas de reflux ou les causes compressives. La veinographie par cathéter reste l'examen de référence lorsque le diagnostic est incertain ou qu'un geste interventionnel est envisagé.
La prise en charge des varices pelviennes est adaptée aux résultats de l'imagerie. Lorsqu'un reflux veineux pelvien est confirmé, l'une des options spécialisées les plus courantes est l'embolisation des veines ovariennes et pelviennes — une procédure mini-invasive qui occlut les veines à l'origine du reflux afin de rediriger le sang vers des voies veineuses saines. Les synthèses d'experts décrivent l'embolisation comme une option centrale dans la prise en charge des troubles veineux pelviens ; elle est généralement réalisée en ambulatoire, avec une récupération relativement rapide.
Lorsque le problème principal est une compression veineuse — comme la compression de la veine iliaque commune — la pose d'une endoprothèse vasculaire peut être envisagée pour lever l'obstruction au drainage et réduire la pression veineuse dans le pelvis. Si les symptômes persistent après le traitement, les recommandations spécialisées insistent sur la nécessité de réévaluer la présence de voies de reflux non-traitées, de réservoirs pelviens résiduels ou de causes mixtes, afin que la prise en charge repose sur une vision complète du réseau veineux plutôt que sur une seule veine.
Comment prévenir les varices pelviennes ?
Les varices pelviennes ne peuvent pas toujours être prévenues, car l'anatomie et la résistance des valves veineuses varient d'une personne à l'autre, et la grossesse exerce une pression inévitable sur les veines pelviennes. Il est néanmoins possible de réduire les poussées en diminuant la pression pelvienne et en favorisant la circulation sanguine.
Maintenez une activité régulière en marchant, évitez les longues périodes debout ou assis sans pause, et surélevez le bassin au repos plutôt que les jambes seules en vous allongeant avec un coussin sous les hanches, afin de favoriser le drainage veineux pelvien — une mesure plus ciblée que la simple surélévation des membres inférieurs dans ce contexte. Prévenez la constipation et les efforts de poussée, qui augmentent la pression pelvienne et peuvent aggraver la dilatation des veines pelviennes et vulvaires. Maintenir un poids stable et éviter les vêtements trop serrés au niveau de la taille ou de l'aine peut également contribuer à limiter ces phénomènes.
En cas de grossesse, surveillez les symptômes dès leur apparition et signalez toute sensation de pesanteur pelvienne ou toute veine visible à un professionnel de santé. Dans certains cas, les veines pelviennes ou vulvaires superficielles peuvent s'enflammer et devenir sensibles ; toute douleur intense soudaine ou tout gonflement inhabituel doit être évalué rapidement afin d'écarter une thrombose ou toute autre cause sous-jacente.