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Idée reçue n°1 sur les moustiques : Ils sont actifs uniquement la nuit.

Faux.

L'affirmation selon laquelle les moustiques ne s'activeraient qu'à la tombée de la nuit est un mythe tenace, pourtant démenti par l'entomologie. En réalité, le rythme d'activité de ces insectes dépend de leur genre et de leur espèce. Une étude entomologique d'envergure menée par une équipe de chercheurs en Moravie du Sud a mis en lumière cette diversité de comportements en piégeant et en analysant un total de 19 604 moustiques femelles appartenant à 20 espèces distinctes. Les résultats montrent que les espèces rattachées aux genres Aedes et Ochlerotatus, maintiennent une activité continue tout au long de la journée et de la nuit. L'espèce Ochlerotatus sticticus, par exemple, enregistre son pic d'abondance et d'agressivité en plein après-midi, avant de voir son activité chuter rapidement dès le coucher du soleil. À l'inverse, Aedes vexans, ainsi que Aedes cinereus, s'avèrent redoutables en fin d'après-midi, en début de soirée et pendant une grande partie de la nuit.

Activité de certains moustiques selon le moment de la journée en été.

Activité de certains moustiques selon le moment de la journée en été.

Source : PESKO J. & al. Daily and seasonal variation in the activity of potential vector mosquitoes. Central European Journal of Biology (2011).

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Idée reçue n°2 sur les moustiques : Ils sont attirés par la lumière.

Faux.

Contrairement aux papillons de nuit ou à d'autres insectes nocturnes dits phototactiques, les moustiques ne sont pas attirés par la lumière de nos ampoules ou de nos télévisions. Ce qui guide un moustique vers un être humain, c'est avant tout l'émission de dioxyde de carbone issu de la respiration, la chaleur corporelle et les odeurs de la peau. Pourtant, les études scientifiques utilisant des pièges lumineux révèlent une nuance comportementale importante. Une étude sur la performance des pièges à lumière a démontré que les dispositifs éclairés capturaient globalement plus de moustiques que les pièges éteints.

Cette apparente contradiction s'explique par un phénomène d'opportunisme et de perturbation visuelle plutôt que par une réelle attraction.

La lumière artificielle modifie la perception de l'environnement nocturne des moustiques. Les conclusions de l'étude soulignent d'ailleurs cette subtilité avec l'espèce Culex pipiens quinquefasciatus : ces moustiques manifestent une faible attirance pour la lumière lors des nuits très sombres, mais ce comportement disparaît les nuits de pleine lune. Ainsi, laisser une lumière allumée dans une pièce ne va pas faire venir les moustiques de l'extérieur, mais si un moustique est déjà présent dans la pénombre, la lumière artificielle perturbe ses repères visuels et peut l'aider à s'orienter, sans pour autant constituer son signal de chasse principal.

EspècePièges non-lumineuxPièges lumineux
A. nigromaculis71 008 (+ 99%)
C. tarsalis121498 (+ 76%)
C. p. quinquefasciatus213347 (+ 39%)
C. peus2067 (+ 70%)
Total3611 920 (+ 81%)
Nombre de moustiques capturés par des pièges lumineux et non-lumineux en 24 heures.
Source : BOREHAM M. M. & al. Light intensity and the attraction of mosquitoes to light traps. Journal of Economic Entomoly (1960).

Idée reçue n°3 sur les moustiques : Ils sont attirés par les peaux sucrées.

Faux.

Alors que cette idée reçue circule beaucoup, d’un point de vue physiologique, elle est totalement infondée. Les moustiques n’ont aucun moyen de détecter le taux de glucose présent dans le sang ou à la surface de l'épiderme avant de planter leur trompe. Ce qui rend une personne attractive pour un moustique n'a rien à voir avec son alimentation ou un potentiel diabète, mais dépend de différents signaux olfactifs et thermiques que le corps émet en permanence.

  • Le dioxyde de carbone : C’est le signal de repérage des moustiques principal. Plus une personne a un métabolisme élevé, comme les femmes enceintes, les personnes sportives ou celles ayant consommé de l'alcool, plus elle rejette du dioxyde de carbone en respirant, signalant sa présence aux moustiques à des dizaines de mètres.

  • Les acides carboxyliques et l'acide lactique : Produits naturellement par les bactéries de notre microbiote cutané lorsqu'elles dégradent la sueur, ces composés organiques propres à chaque individu agissent comme une signature olfactive unique. C'est la composition de la transpiration qui détermine si vous êtes un aimant à moustiques ou non.

  • Le groupe sanguin : Plusieurs études entomologiques suggèrent que les personnes du groupe sanguin O émettent des signaux chimiques de surface qui les rendent presque deux fois plus attractives pour des espèces comme Aedes aegypti que les personnes du groupe A ou B.

Pourcentage de moustiques Aedes aegypti se nourrissant sur les différents groupes sanguins.

Pourcentage de moustiques Aedes aegypti se nourrissant sur les différents groupes sanguins.

Source : DE SILVA N. & al. Blood feeding preference of female Aedes aegypti mosquitoes for human blood group types and its impact on their fecundity: Implications for vector control. American Journal of Entomology (2019).

Idée reçue n°4 sur les moustiques : Ils vivent seulement l'été.

Faux.

Si les nuisances atteignent leur paroxysme durant la saison estivale, il est inexact de penser que les moustiques disparaissent totalement le reste de l'année. En réalité, le cycle de vie de ces insectes s'adapte aux baisses de température automnales et hivernales. Dès que le thermomètre descend sous la barre des 10 à 15°C, les moustiques entrent dans un état de vie ralentie. La persistance des moustiques tout au long de l'année repose sur deux grandes stratégies :

  • La diapause des œufs : Pour les espèces du genre Aedes, comme le moustique tigre, les adultes meurent effectivement aux premiers gels, mais non sans avoir préalablement pondu des œufs très résistants. Ces œufs entrent en diapause, une forme d'hibernation biologique qui leur permet de survivre au gel hivernal et à la sécheresse, pour n'éclore qu'au printemps suivant dès que les températures remontent et que les pluies se font plus denses.

  • L'hibernation des femelles adultes : Chez d'autres genres, comme les Culex ou les Anopheles, ce sont les femelles fécondées qui passent l'hiver à l'abri en se réfugiant dans des endroits sombres et protégés du gel, comme des grottes, des caves ou des greniers. Leur métabolisme ralentit alors et elles cessent de s'alimenter.

De plus, le réchauffement climatique et l'urbanisation créent des microclimats artificiels, comme des villes plus chaudes, des parkings souterrains ou des stations de métro, où certaines espèces de moustiques restent actives et continuent de piquer tout au long de l'hiver.

Idée reçue n°5 sur les moustiques : Seules les femelles piquent.

Vrai.

Si vous vous faites piquer, vous avez affaire à une femelle moustique. Les mâles sont inoffensifs pour l'être humain, car leurs pièces buccales ne sont pas assez rigides pour perforer la peau, et ils se nourrissent uniquement de nectar de fleurs et de sève pour obtenir l'énergie nécessaire à leur vol. En temps normal, la femelle se nourrit elle aussi de sucres végétaux pour survivre.

Cependant, après l'accouplement, elle a besoin de protéines et d'acides aminés pour mener à bien le développement et la maturation de ses œufs. Le sang des mammifères, ou des oiseaux et amphibiens selon les espèces, constitue en cela la source nutritionnelle idéale. Une fois son repas de sang digéré en quelques jours, la femelle peut pondre plusieurs centaines d'œufs dans un point d'eau stagnante, avant de repartir en quête d'une nouvelle proie pour entamer un nouveau cycle de ponte.

Idée reçue n°6 sur les moustiques : La citronnelle est efficace pour les repousser.

Vrai, mais avec des nuances.

La citronnelle est souvent considérée comme un remède de grand-mère qui permet de repousser les moustiques. Pourtant, la science valide bel et bien les propriétés répulsives de cette plante. Une étude scientifique a évalué l'efficacité répulsive de l'extrait de citronnelle et du citronellal, son principal composant actif, contre le moustique Culex pipiens pallens, à la fois en laboratoire et sur le terrain. En mesurant le nombre de piqûres par unité de temps, les chercheurs ont testé des bracelets imprégnés de ces composés. Les résultats in vitro et sur le terrain ont montré des taux de répulsion impressionnants.

86%

de répulsion des moustiques in vitro pour l'extrait de citronnelle à 30%.

78%

de répulsion des moustiques in vitro pour le citronellal à 30%.

80%

de répulsion des moustiques sur le terrain pour le bracelet à 30% d'extrait de citronnelle.

Cependant, l'efficacité d'un répulsif naturel ne se résume pas à son pouvoir de blocage initial, elle dépend aussi de sa rémanence.

C'est ici que réside la principale limite de la citronnelle sous sa forme d'huile essentielle classique : sa très forte volatilité. Une fois l'huile appliquée sur la peau, les molécules odorantes qui perturbent les récepteurs olfactifs des moustiques s'estompent généralement en l'espace de trente minutes à deux heures maximum, nécessitant des applications très fréquentes. En ce qui concerne les bougies à la citronnelle, elles ne saturent l'air de manière protectrice que dans un périmètre très restreint et, au moindre coup de vent, leur action s'annule. La citronnelle est donc une solution naturelle qui fonctionne en théorie contre les moustiques, mais dont la protection reste de courte durée.

Idée reçue n°7 sur les moustiques : Il ne faut pas gratter ses boutons.

Vrai.

Bien que l'envie de se gratter soit un réflexe naturel provoqué par la réaction inflammatoire à la salive du moustique, il est impératif d'y résister. Le grattage répété lèse l'épiderme et la barrière cutanée. Ce geste a pour effet de propager la salive allergisante dans les tissus environnants, ce qui amplifie la libération d'histamine et aggrave l'intensité de la démangeaison. Plus grave encore, les ongles portent en permanence une multitude de bactéries. Gratter le bouton jusqu'au sang ouvre une porte d'entrée aux germes, exposant la peau à un risque d'infection. De plus, un bouton gratté mettra plus de temps à cicatriser et sera plus susceptible de laisser une marque pigmentée sur la peau.

Pour soulager les démangeaisons, mieux vaut miser sur une crème spécialement formulée à cet effet et facilement trouvable en pharmacie.

Idée reçue n°8 sur les moustiques : Ils transmettent des maladies tropicales.

Vrai, et pas exclusivement tropicales.

Historiquement, les pathologies véhiculées par les moustiques, telles que la dengue, le chikungunya, le virus Zika ou le paludisme, étaient associées uniquement aux zones géographiques intertropicales, comme l'Afrique, l'Amérique du Sud ou l'Asie du Sud-Est. Cependant, en raison de la mondialisation des échanges et des effets du réchauffement climatique, la donne sanitaire a changé. Le vecteur principal de ces maladies, Aedes albopictus, le moustique tigre, s'est adapté aux climats tempérés et a colonisé la quasi-totalité du territoire européen et de la France métropolitaine.

Cette expansion vectorielle a entraîné l'apparition de cas dits "autochtones", c'est-à-dire des personnes qui contractent la dengue ou le chikungunya directement sur le sol européen, sans jamais avoir voyagé à l'étranger. Le moustique se contamine en piquant une personne malade, puis transmet le virus aux individus qu'il pique par la suite. Par ailleurs, des moustiques du genre Culex, présents depuis toujours en Europe, transmettent également des pathologies sévères, comme le virus du Nil occidental, qui cause des vagues d'infections régulières en Europe.

Les maladies transmises par les moustiques ne sont donc plus un risque lointain réservé aux vacances exotiques, mais une réalité sanitaire locale à prendre très au sérieux.

Idée reçue n°9 sur les moustiques : Ils peuvent transmettre le virus du sida.

Faux.

C'est une angoisse récurrente qui n'est pourtant pas justifiée. Le virus du VIH, responsable du sida, est incapable de survivre et de se répliquer à l'intérieur du moustique. Contrairement aux virus de la dengue ou du paludisme, qui ont coévolué avec l'insecte et colonisent ses glandes salivaires, le VIH est digéré par les enzymes de l'estomac du moustique en moins de 24 heures, détruisant tout pouvoir infectieux. De plus, l'appareil buccal du moustique fonctionne à sens unique : il possède deux canaux distincts, l'un pour injecter sa salive anticoagulante, l'autre pour aspirer le sang. Un moustique n'injecte donc jamais le sang de sa victime précédente à sa proie suivante. Enfin, la quantité de virus qui pourrait théoriquement rester collée sur l'extérieur de sa trompe est infiniment trop faible pour provoquer une infection chez l'humain.

Idée reçue n°10 sur les moustiques : Certaines applications mobiles permettent de les repousser.

Faux.

Avec la popularisation des smartphones, de nombreuses applications mobiles prétendent repousser les moustiques en émettant des ultrasons inaudibles pour l'oreille humaine. Ces applications affirment généralement imiter les battements d'ailes des libellules, le prédateur naturel des moustiques, ou les ultrasons émis par les moustiques mâles pour faire fuir les femelles fécondées, qui sont les seules à piquer.

Pourtant, il n'existe aucune preuve scientifique pour étayer l'efficacité de ces applications.

Les femelles moustiques en quête de sang ignorent ces fréquences sonores, car leurs capteurs de chasse sont avant tout thermiques et chimiques. De plus, les haut-parleurs miniatures de nos smartphones sont techniquement incapables de restituer correctement de véritables ultrasons de haute intensité. Télécharger ces applications ne vous protégera donc pas des piqûres de moustiques.

Idée reçue n°11 sur les moustiques : Ils n'ont pas d'utilité.

Faux.

Lorsque les piqûres se multiplient et gâchent les nuits d'été, il est tentant de considérer le moustique comme une erreur de la nature. Pourtant, d'un point de vue écologique, les moustiques jouent un rôle important dans la biodiversité mondiale. Présents sur Terre depuis des dizaines de millions d'années, ils remplissent des fonctions biologiques majeures à chaque étape de leur développement. L'utilité des moustiques se décline sur trois axes écologiques :

  • Un maillon de la chaîne alimentaire : Les larves de moustiques, qui se développent exclusivement dans les eaux stagnantes, constituent la source de nourriture principale d'une multitude d'espèces aquatiques, notamment les têtards et les larves de libellules. Une fois adultes, les moustiques deviennent des proies aériennes indispensables pour les oiseaux migrateurs, comme les hirondelles, les chauves-souris, les araignées et les batraciens.

  • Des pollinisateurs méconnus : On l'oublie trop souvent, mais les moustiques mâles et femelles se nourrissent principalement de nectar de fleurs pour obtenir leur énergie quotidienne. En butinant de fleur en fleur, ils participent activement à la pollinisation de nombreuses plantes sauvages et de cultures, au même titre que les abeilles ou les papillons.

  • Des régulateurs de biomasse : À l'état de larves, les moustiques consomment d'immenses quantités de matière organique en décomposition et de débris végétaux présents dans l'eau. Ce faisant, ils purifient les milieux aquatiques et restituent des nutriments essentiels, comme l'azote, sous une forme assimilable par d'autres organismes végétaux et animaux.

Sources

FAQ sur piqûres de moustique.

Est-ce que manger de l'ail ou prendre de la vitamine B permet d'éviter les piqûres de moustiques ?

Non. C'est une croyance très répandue, mais aucune étude scientifique n'a jamais prouvé que l'ingestion d'ail, de vitamine B ou de compléments alimentaires modifiait l'odeur corporelle au point de repousser les moustiques. Les signaux principaux qui les guident restent la chaleur, le dioxyde de carbone et les acides de la transpiration.

Pourquoi certaines personnes se font-elles toujours piquer plus que d'autres ?

Cela dépend principalement de la génétique et de la chimie de la peau. Les moustiques ciblent en priorité les personnes qui émettent le plus de dioxyde de carbone et celles dont l'odeur corporelle leur est attractive. Les personnes du groupe sanguin O sont également plus ciblées par certaines espèces.

Le moustique tigre pique-t-il à travers les vêtements ?

Oui, c'est tout à fait possible. Le moustique tigre possède des pièces buccales assez rigides et longues pour traverser les tissus fins, légers ou moulants. Pour s'en protéger par voie vestimentaire, il faut privilégier des vêtements amples, épais et idéalement resserrés aux poignets et aux chevilles.

Les bracelets anti-moustiques sont-ils vraiment efficaces ?

Leur efficacité est très limitée et locale. Ils protègent uniquement la zone cutanée située à proximité immédiate du bracelet, comme le poignet ou la cheville, et laissent le reste du corps exposé aux attaques. Les sprays cutanés restent plus fiables.

Les moustiques peuvent-ils transmettre des maladies par leurs œufs ?

Oui, chez certaines espèces. C'est ce qu'on appelle la transmission transovarienne. Par exemple, une femelle moustique tigre infectée par le virus de la dengue ou du chikungunya peut, dans certains cas, transmettre directement le virus à ses propres œufs. Les larves qui naîtront au printemps suivant seront alors porteuses du virus dès leur éclosion, sans même avoir eu besoin de piquer une personne malade.

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