En plus de respecter scrupuleusement le dosage prescrit par le médecin, les antihistaminiques font l'objet de différentes contre-indications et précautions d'emploi.
En effet, les antihistaminiques H1 de première génération sont contre-indiqués aux personnes exerçant des activités nécessitant une vigilance continue, telle que la conduite, en raison de leur effet sédatif. Ces médicaments ne doivent pas non plus être utilisés par les patients souffrant de glaucome à angle fermé, d’hypertrophie bénigne de la prostate, ou de rétention urinaire car ils peuvent aggraver ces conditions en raison de leur action anticholinergique. Les personnes âgées ou celles atteintes de maladies cardiovasculaires sont également invitées à faire preuve de prudence, les antihistaminiques H1 de première génération pouvant interférer avec la conduction cardiaque. Bien que ceux de la seconde génération soient plus sûrs, il est recommandé de rester vigilants. L'association avec l'alcool est fortement déconseillée, et ce, quelle que soit la génération de l'antihistaminique, car elle amplifie le risque de somnolence.
En ce qui concerne la grossesse, il convient de nuancer l'utilisation des antihistaminiques H1. Les données cliniques actuelles indiquent que les molécules de seconde génération, telles que la cétirizine ou la desloratadine, ne présentent pas de risque malformatif pour le fœtus et sont généralement privilégiées si un traitement s'avère indispensable. En revanche, les antihistaminiques de première génération sont formellement déconseillés, en particulier à l'approche de l'accouchement, en raison de leurs effets sédatifs et anticholinergiques qui pourraient retentir sur le nouveau-né. Concernant l'allaitement, la plus grande prudence est de mise : les molécules de première génération passent de manière significative dans le lait maternel. Dans tous les cas, l'auto-médication doit être proscrite et le choix de la molécule doit être validé par un professionnel de santé.
Le saviez-vous ? Les interactions ne se limitent pas aux traitements. Certains jus de fruits, notamment le pamplemousse, peuvent inhiber l'efficacité de certains antihistaminiques H1, comme la fexofénadine. Il ne faut donc pas les associer.
En ce qui concerne les antihistaminiques H2, ils sont tolérés par une large population, que ce soit par les enfants, les personnes âgées ou les femmes enceintes. Il est toutefois déconseillé de les associer à du posaconazole, un antifongique, car cela pourrait diminuer son absorption. D'autre part, il est préférable de prendre les antihistaminiques à distance des antiacides, des médicaments souvent prescrits en cas de remontées acides, pour ne pas altérer leur efficacité. Il faut généralement compter au moins deux heures d'intervalle entre ces deux types de traitement.