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Stades d'évolution varices.

Quelles sont les différentes étapes du développement des varices ?

Les varices sont le signe d'une insuffisance veineuse chronique, une affection dans laquelle le sang ne remonte pas efficacement des jambes vers le cœur. Plutôt que d'apparaître soudainement, les varices se développent de façon progressive, en passant par plusieurs stades distincts au fil du temps. Reconnaître ces stades précocement pourrait-il permettre de prévenir des complications plus sérieuses par la suite ?

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Publié le 11 mai 2026, mis à jour le 12 mai 2026, par Faiza, Doctoresse en biologie moléculaire et en pharmacie — 16 min de lecture

Le système de classification CEAP pour l'identification des varices.

Les études montrent de manière constante qu'une intervention précoce — associant modification des habitudes de vie, thérapie compressive et traitement médical ciblé — peut ralentir, voire stopper la progression de la maladie. Lorsque des modifications cutanées et des ulcères apparaissent, la prise en charge devient plus complexe, plus coûteuse et plus prolongée. Comprendre les stades de développement des varices rappelle que cette affection n'est pas simplement d'ordre esthétique, mais constitue un trouble vasculaire progressif nécessitant une attention clinique adaptée et rapide.

Sur le plan clinique, l'évolution des varices est le plus souvent décrite à l'aide de la classification CEAP (C : Clinique, E : Étiologique, A : Anatomique, P : Physiopathologique). Ce système est largement adopté en médecine vasculaire et figure dans les recommandations internationales.

Classification CEAP varices.

Classification clinique, étiologique, anatomique et physiopathologique (CEAP) des varices.

Source : PISANI C. & al. The other side of chronic venous disorder: gaining insights from patients' questions and perspectives. Journal of Clinical Medicine (2024).

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Stade 1 (C0–C1) : Insuffisance veineuse sans varices visibles.

Aux premiers stades du développement des varices (C0–C1), des modifications structurelles et fonctionnelles du système veineux peuvent déjà être présentes avant l'apparition de toute veine visible. Au stade C0, on n'observe aucune modification veineuse visible, tandis qu'au stade C1, la pathologie devient perceptible avec l'apparition de télangiectasies (diamètre < 1 mm) et de veines réticulaires (veines sous-dermiques dilatées et non-palpables, d'un diamètre ≤ 3 mm), constituant les premiers signes observables d'une insuffisance veineuse. Ces deux stades peuvent être classés comme symptomatiques (C0s, C1s) ou asymptomatiques (C0a, C1a).

Les données issues des études de consensus montrent que les symptômes veineux — tels que la sensation de jambes lourdes, les douleurs sourdes, la sensation de gonflement en l'absence d'œdème visible, les démangeaisons, les sensations de brûlure, les crampes nocturnes et le syndrome des jambes sans repos — sont fréquemment rapportés par les patients classés C0 et C1. Les résultats de la Bonn Vein Study, menée à l'échelle de la population générale, indiquent que 56,4% des individus déclarent présenter des symptômes veineux, y compris ceux ne présentant aucun signe clinique visible ou seulement des télangiectasies et des veines réticulaires. Cette prévalence est plus élevée chez les femmes et augmente avec l'âge.

De plus, des tests fonctionnels ont démontré qu'environ 16% des patients symptomatiques de stade C0 présentent des anomalies veineuses mesurables, telles qu'une réduction du tonus de la paroi veineuse ou un reflux précoce, malgré un examen clinique normal. Ces résultats confirment que le dysfonctionnement veineux et la charge symptomatique peuvent précéder l'apparition de modifications veineuses visibles, et avoir un impact significatif sur la qualité de vie dès les premiers stades de la maladie.

À ce stade, les valves veineuses commencent à perdre en efficacité, entraînant une hypertension veineuse intermittente. L'anomalie du flux sanguin modifie les contraintes de cisaillement le long des parois veineuses, déclenchant une activation endothéliale précoce et une réponse inflammatoire. Ces modifications augmentent la perméabilité vasculaire et initient un état inflammatoire de faible intensité. Ce stade représente une fenêtre d'opportunité. Bien que la compression thérapeutique puisse atténuer les symptômes, elle ne suffit pas à elle seule à prévenir la progression de la maladie. Une identification précoce permet la prise en charge des symptômes, un suivi régulier, et l'évaluation de thérapies complémentaires visant à réduire l'inflammation et la pression veineuse avant que les lésions structurelles ne deviennent irréversibles.

Ainsi, la maladie variqueuse à un stade précoce (C0–C1) peut être symptomatique et physiologiquement significative, même en l'absence de modifications veineuses visibles, avec des anomalies fonctionnelles mesurables et un impact réel sur la qualité de vie.

Stade 2 (C2) : Varices constituées.

Le stade C2 représente le point à partir duquel la maladie veineuse devient cliniquement visible, caractérisée par des veines sous-cutanées dilatées et tortueuses mesurant ≥ 3 mm de diamètre. À ce stade, un reflux veineux persistant dans le système veineux superficiel, le plus souvent au niveau de la grande ou de la petite veine saphène, entraîne une hypertension veineuse. Lorsque les valves veineuses cessent de fonctionner correctement sur une longue période, le sang circule à rebours et exerce une pression excessive sur les parois veineuses. Cela endommage l'endothélium veineux et déclenche une inflammation chronique. Avec le temps, les cellules immunitaires s'accumulent, la structure de la paroi veineuse se modifie, et la veine se distend et se dilate de façon permanente, aggravant ainsi les troubles de la circulation sanguine.

Les patients ressentent fréquemment des douleurs sourdes ou lancinantes, une sensation persistante de jambes lourdes, ainsi qu'une fatigue qui s'intensifie après une station debout ou assise prolongée. L'inconfort tend à s'accentuer en fin de journée et peut diminuer avec l'élévation des jambes ou la marche. De nombreuses personnes signalent également des démangeaisons, des sensations de brûlure au niveau des veines touchées, ainsi qu'une sensation de tension dans le bas des jambes, témoignant d'une pression veineuse soutenue et d'une inflammation locale.

Au stade C2, les varices ne sont pas uniquement une préoccupation esthétique. Les veines visibles traduisent souvent une insuffisance veineuse active, susceptible de provoquer une gêne quotidienne et une sensation de lourdeur.

Stade 3 (C3) : Apparition d'un œdème persistant des jambes.

Lorsque les varices au stade C2 ne sont pas traitées, la maladie peut évoluer vers le stade 3, où un œdème visible des jambes devient le signe caractéristique. À ce stade, le gonflement n'est plus une simple sensation passagère, mais une modification physique qui apparaît fréquemment au niveau des chevilles et du bas des jambes, notamment en fin de journée. L'œdème peut diminuer durant la nuit, mais tend à réapparaître quotidiennement — signe que les veines peinent à assurer le retour du sang vers le cœur.

Un reflux veineux prolongé augmente la pression à l'intérieur des veines, provoquant une fuite de liquide des vaisseaux sanguins vers les tissus environnants. Au fil du temps, cette accumulation constante de liquide dépasse les capacités du système lymphatique, entraînant un œdème persistant. La littérature scientifique montre que les patients atteints d'une maladie de stade C3 présentent davantage de limitations fonctionnelles, notamment une sensation de lourdeur dans les jambes, une mobilité réduite et une gêne qui interfère avec les activités quotidiennes, témoignant d'une progression vers une insuffisance veineuse chronique plus avancée.

Stade 4 (C4) : Modifications cutanées et atteinte tissulaire persistante.

Au stade 4, une mauvaise circulation sanguine prolongée dans les veines des jambes commence à provoquer des lésions visibles sur la peau du bas de la jambe. Ces modifications se divisent en formes légères (C4a) et plus sévères (C4b), selon le degré d'atteinte de la peau et des tissus sous-jacents.

C4a regroupe les premières modifications cutanées, notamment l'hyperpigmentation et l'eczéma. La peau peut prendre une teinte brune ou foncée autour des chevilles, pouvant s'étendre vers le bas de la jambe ou le pied. Cette décoloration survient lorsque du sang s'échappe des petites veines et se diffuse dans les tissus environnants. Certaines personnes développent également un eczéma veineux, caractérisé par une peau rouge, qui démange, sèche ou squameuse, pouvant parfois suinter ou se couvrir de vésicules. Ces modifications s'observent fréquemment à proximité des varices, mais peuvent apparaître en tout point de la jambe. Le stade C4a se développe généralement lorsque l'insuffisance veineuse est insuffisamment prise en charge.

C4b représente des lésions cutanées plus avancées et plus sévères. L'une de ses formes est la lipodermatosclérose, une affection dans laquelle la peau et les tissus sous-jacents deviennent durs, épaissis et inflammés sous l'effet d'une inflammation prolongée et d'un processus cicatriciel. La partie inférieure de la jambe peut sembler tendue, douloureuse ou sensible au toucher, et la peau perd progressivement sa souplesse naturelle. Cette affection est parfois précédée d'une inflammation douloureuse du tissu sous-cutané, appelée hypodermite. La lipodermatosclérose constitue un signe manifeste d'insuffisance veineuse chronique sévère et doit être distinguée d'infections telles que la cellulite infectieuse ou l'érysipèle.

Une autre modification sévère observée dans le C4b est l'atrophie blanche, qui se manifeste sous forme de petites plaques blanches, semblables à des cicatrices, constituées d'une peau amincie, souvent entourées de vaisseaux sanguins visibles et de zones de pigmentation plus foncée. Ces plaques témoignent d'une atteinte sévère de la microcirculation cutanée et constituent un signe d'alerte important quant au risque de développement d'ulcères. Contrairement aux cicatrices issues d'ulcères guéris, l'atrophie blanche survient en l'absence de toute plaie ouverte préalable.

Un œdème persistant (C3) et des modifications cutanées (C4) témoignent d'une maladie veineuse en progression et soulignent l'importance d'une prise en charge précoce pour prévenir les ulcères et les complications à long terme.

Stade 5 (C5) : Ulcère veineux cicatrisé avec risque persistant de récidive.

Le stade 5 désigne les patients qui ont présenté un ulcère veineux de jambe cicatrisé, mais dont l'insuffisance veineuse sous-jacente persiste. Bien que la surface cutanée soit refermée, la zone reste souvent fragile, décolorée et vulnérable aux traumatismes. La peau cicatrisée peut paraître fine, luisante ou fibreuse (d'aspect cicatriciel), et la peau environnante présente fréquemment des signes d'insuffisance veineuse chronique, tels qu'une hyperpigmentation ou une induration des tissus. À ce stade, la jambe peut sembler lourde, gonflée ou inconfortable, en particulier après une station debout prolongée.

Les études montrent que les ulcères veineux ne cicatrisent que lorsque la pression et l'inflammation sont temporairement maîtrisées, mais le reflux veineux et l'hypertension veineuse persistent généralement, laissant la peau vulnérable aux lésions. Les études cliniques rapportent des taux de récidive élevés (jusqu'à 70%), de nombreux patients développant un nouvel ulcère en l'espace de quelques années si l'insuffisance veineuse n'est pas traitée efficacement. Le stade C5 est donc considéré comme un stade d'alerte, signalant une maladie avancée pour laquelle une prise en charge à long terme est indispensable afin de prévenir l'évolution vers une ulcération active.

Stade 6 (C6) : Ulcère veineux actif.

Le stade 6 est la forme la plus avancée de l'insuffisance veineuse chronique et se définit par la présence d'un ulcère veineux ouvert sur la jambe. Les données cliniques montrent que les ulcères veineux représentent environ 80% des ulcères chroniques des membres inférieurs dans le monde, et sont associés à une diminution de la qualité de vie, à des infections récurrentes ainsi qu'à un risque élevé de rechute lorsque la maladie veineuse sous-jacente n'est pas prise en charge. Ces ulcères se développent généralement autour de la cheville ou dans la partie inférieure de la jambe, là où les perturbations de la circulation sanguine sont les plus marquées. La plaie peut être superficielle ou profonde, produire un écoulement (être exsudative), et présente souvent une cicatrisation lente. Douleur, œdème, sensation de tension cutanée et irritation sont fréquents, et les activités quotidiennes peuvent devenir difficiles en raison de l'inconfort et de la nécessité d'un suivi régulier de la plaie. À ce stade, une hypertension veineuse prolongée dans les jambes entraîne une inflammation sévère, une mauvaise oxygénation de la peau et des lésions des petits vaisseaux sanguins. La peau devient alors fragile et incapable de se régénérer correctement, même après une blessure mineure.

Les stades C5 et C6 nécessitent une prise en charge au long cours afin de contrôler les symptômes, de favoriser la cicatrisation et de réduire le risque de récidive ulcéreuse.

Quels codes CIM-10 sont utilisés pour les varices ?

Les varices sont officiellement classifiées dans les dossiers médicaux selon le système CIM-10 (Classification Internationale des Maladies, 10ème révision). Ce système de codification permet aux professionnels de santé de documenter la sévérité de la maladie, d'orienter les décisions thérapeutiques et de standardiser le diagnostic à des fins de prise en charge clinique, de remboursement et de recherche.

Dans la classification CIM-10, les varices des membres inférieurs sont répertoriées sous la catégorie principale 183. Cette catégorie est subdivisée afin de refléter la présence et la nature des complications, permettant aux cliniciens de documenter avec précision la sévérité de la maladie.

CodePréoccupationQuand l'utiliser
I83.0Varices des membres inférieurs avec ulcère.Utilisé lorsqu'un ulcère veineux actif de la jambe est présent, signe d'une pathologie à un stade avancé.
I83.1Varices des membres inférieurs avec inflammation.S'applique lorsque les varices s'accompagnent de modifications inflammatoires telles que des douleurs, une rougeur ou une sensibilité au toucher.
I83.2Varices des membres inférieurs avec ulcère et inflammation.Regroupe les cas où un ulcère actif et des signes inflammatoires coexistent.
I83.9Varices des membres inférieurs sans ulcère ni inflammation.Utilisé pour les varices non-compliquées, correspondant généralement aux stades cliniques précoces.

Ces sous-codes permettent de distinguer les varices non-compliquées de celles associées à une inflammation cutanée ou à une ulcération, assurant ainsi uen correspondance étroite entre la documentation CIM-10 et les systèmes de classification clinique tels que la classification CEAP, et facilitant la standardisation des décisions thérapeutiques.

Sources

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