Une varice peut se rompre parce qu’elle est située près de la surface de la peau et se trouve souvent sous une pression plus élevée en raison de valves veineuses affaiblies. Avec le temps, la veine se distend et la peau qui la recouvre peut s’affiner, rendant la zone fragile. Dès lors, même un petit déclencheur comme se gratter, se raser, cogner la jambe ou une irritation liée à une peau sèche ou enflammée peut rompre la surface et provoquer un saignement. Chez certaines personnes, la chaleur, comme celle d’un bain chaud, peut également dilater les veines et augmenter le flux sanguin, ce qui rend le saignement plus probable si la peau est déjà fragile.
Il existe deux situations différentes de rupture veineuse. Parfois, une veine fuit sous la peau, ce qui peut provoquer un hématome, une sensibilité douloureuse et un gonflement. D’autres fois, la peau se rompt et la veine saigne vers l’extérieur, ce qui peut paraître spectaculaire et nécessite des gestes de premiers secours rapides pour arrêter le saignement. Une varice peut saigner abondamment, en particulier si la personne reste debout, ne surélève pas la jambe ou ne peut pas appliquer une pression ferme. Dans des situations de vulnérabilité, comme le fait de vivre seule, d’être fragile ou d’avoir une mobilité réduite, la perte de sang peut devenir importante et entraîner un collapsus, un état de choc et, dans de rares cas, le décès si l’intervention des secours d’urgence est retardée.
Des études de recherche ont indiqué que les saignements liés aux varices sont peu fréquents, mais loin d’être inexistants. Selon les publications, la proportion de personnes présentant des varices qui connaissent au moins un épisode hémorragique est estimée entre environ 3% et 9,1%. D’après une étude, seuls 70 cas de saignement veineux ont été rapportés au cours des 50 dernières années. Les décès dus à des saignements de varices sont beaucoup plus rares et sont principalement décrits dans la littérature médico‑légale et autopsique. Plusieurs sources estiment que l’incidence serait d’environ 1 cas pour 1 000 autopsies, attribuable à une hémorragie fatale par rupture de varices. Une vaste série d’autopsies sur 10 ans en Australie a identifié 8 cas sur 10 686 autopsies, ce qui représente moins de 0,01% des cas autopsiés.