La prise en charge d'une mycose génitale doit être rapide pour stopper l'inflammation et éviter que l'infection ne s'étende ou ne devienne chronique.
Dès l'apparition des premiers symptômes, il est fortement recommandé de consulter un médecin. En effet, seul un professionnel de santé pourra établir avec certitude le diagnostic de la mycose génitale et ne pas la confondre avec une autre pathologie, comme une infection bactérienne ou une infection sexuellement transmissible. Le médecin procède généralement à un examen clinique et, en cas de doute ou de récidives fréquentes, peut prescrire un prélèvement local en laboratoire. Cette analyse permet d'identifier avec certitude la souche de champignon responsable, généralement le Candida albicans mais pas systématiquement, et d'exclure d'autres causes d'irritation.
Bon à savoir : Si vous ne trouvez pas de rendez-vous rapidement, vous pouvez faire une téléconsultation pour obtenir rapidement un premier avis et une prescription.
Une fois le diagnostic posé, le traitement repose sur l'utilisation d'antifongiques adaptés à la zone touchée :
Chez la femme : Le traitement de référence combine souvent un ovule ou une capsule antifongique à insérer dans le vagin et une crème antifongique à appliquer sur la vulve pendant quelques jours. Des probiotiques vaginaux, à base de lactobacilles, peuvent également être prescrits pour aider à restaurer la flore vaginale et prévenir les rechutes.
Chez l'homme : L'application d'une crème ou d'une lotion antifongique directement sur le gland et le prépuce pendant quelques jours suffit généralement à éradiquer l'infection. Si cela n'est pas suffisant, le médecin peut prescrire un médicament antifongique à prendre par voie orale, souvent du fluconazole.
Prudence avec les "remèdes naturels" aux mycoses génitales.
On lit parfois que les huiles essentielles, comme celle de lavande vraie ou d'arbre à thé, peuvent lutter contre les mycoses. S'il est vrai qu'elles possèdent des propriétés antifongiques, leur utilisation sans recommandation médicale sur les muqueuses présente des risques importants d'allergie ou de brûlure. Il est impératif de demander préalablement l'avis d'un professionnel de santé.
Nos conseils supplémentaires pour lutter contre les mycoses génitales.
Pour garantir l'efficacité du traitement et prévenir les récidives, il est important de s'interroger sur ses habitudes d'hygiène intime. Le premier rempart consiste à préserver l'équilibre naturel du microbiote. Il est donc impératif de bannir les douches vaginales et les savons antiseptiques ou trop agressifs, qui décapent la flore protectrice. La toilette doit rester strictement externe, limitée à la vulve ou au gland, en utilisant de l'eau claire et des produits lavants doux à pH neutre.
Parallèlement, la lutte contre la macération est un pilier de la prévention des infections des parties intimes, car l'humidité est propice au développement des champignons. Il est recommandé de privilégier les sous-vêtements en fibres naturelles, comme le coton, qui laissent s'évacuer la transpiration, et d'éviter les vêtements trop serrés. Un geste simple mais crucial consiste à sécher soigneusement la zone génitale après chaque toilette ou baignade, en tamponnant doucement avec une serviette propre pour ne pas irriter la muqueuse. De plus, pour éviter de se réinfecter, les sous-vêtements et les serviettes de toilette doivent être lavés à une température minimale de 60°C, seul palier thermique capable d'éliminer totalement les micro-organismes résistants.
Enfin, d'un point de vue nutritionnel, une réduction de la consommation de sucres raffinés peut s'avérer bénéfique, notamment pour les personnes diabétiques ou sujettes aux mycoses chroniques, car le Candida se nourrit directement du glucose présent dans l'organisme.
Bien que la mycose ne soit pas considérée comme une IST, il faut savoir qu'il est possible de la transmettre à son partenaire. Ainsi, avant et pendant le traitement, il est conseillé d'éviter les rapports sexuels et de surveiller l'apparition d'éventuels symptômes chez son partenaire.