L’évaluation de la toxicité des filtres UV sur le milieu marin suscite d'importants débats, notamment en raison des limites méthodologiques posées par les études et soulignées par les chercheurs eux-mêmes. La plupart des travaux de recherches historiques ayant motivé les interdictions législatives locales ont été menées dans des conditions expérimentales éloignées des dynamiques naturelles, notamment l'utilisation de systèmes fermés à eau stagnante, propices aux proliférations bactériennes, ainsi que l'exposition des organismes à des concentrations de filtres solaires bien supérieures aux niveaux réellement mesurés in situ. En effet, l'océan est immense comparé à un aquarium de laboratoire, et est soumis à des dynamiques de courants et de marées qui diluent continuellement les substances, ce qui complexifie l'extrapolation de tests en milieux confinés.
L'analyse des concentrations environnementales réelles invite à relativiser l’impact direct des filtres solaires en le replaçant au sein des multiples stress subis par les écosystèmes marins. Les campagnes de surveillance menées sur les plages hautement fréquentées d'Oahu à Hawaï révèlent que les concentrations de filtres UV mesurées dans l'eau de mer restent généralement très faibles, n'excédant pas 750 ng/L pour les composés les plus courants, comme l'homosalate, l'octisalate ou la benzophénone-3. Ces valeurs réelles se situent très en deçà des seuils de toxicité aiguë mis en évidence lors des expérimentations en laboratoire.
Par ailleurs, certains travaux de recherches intégrant des stress combinés, comme une exposition à des filtres solaires et des vagues de chaleur, démontrent que l'élévation de la température de l'eau liée au réchauffement climatique reste le moteur principal de la mortalité des coraux et de la destruction des populations de zooxanthelles.
Si les résidus de crèmes solaires constituent un facteur de stress chimique capable d'affaiblir la résilience des micro-organismes dans des zones de baignade peu soumises aux courants, il serait réducteur et scientifiquement inexact de les désigner comme coupables principaux du blanchiment des barrières de corail à l'échelle planétaire.
Cela étant, ces différentes conclusions incitent l'industrie cosmétique à innover afin de concilier protection solaire, une priorité absolue de santé publique pour prévenir les cancers de la peau, et préservation de l'environnement. Les laboratoires orientent désormais leurs recherches vers la modification structurelle des filtres existants et l'amélioration globale de la biodégradabilité des formules finies. Les avancées technologiques se concentrent notamment sur l'enrobage des filtres minéraux. Certaines études montrent que l'utilisation de dioxyde de titane ou d'oxyde de zinc préalablement enrobés d'une couche protectrice de type silice réduit la production de radicaux libres à la lumière, réduisant ainsi le risque de blanchiment des coraux associé aux nanoparticules. Autre possibilité : utiliser ces filtres sous forme non-nanoparticulaire.
Chez Typology, nous n'utilisons pas d'octocrylène, d'oxybenzone ni d'octinoxate dans nos protections solaires. Par ailleurs, nous n'utilisons pas non plus d'oxyde de zinc ni de dioxyde de titane nanoparticulaires.