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Interdiction des silicones chez Typology.

Pourquoi Typology n'utilise pas de silicones ?

Les silicones sont des polymères synthétiques très utilisés en cosmétique pour leur capacité à lisser le grain de peau et les cheveux. Bien qu'ils offrent une texture soyeuse immédiate, chez Typology, nous avons fait le choix de privilégier des alternatives naturelles et biodégradables. Pourquoi les silicones sont-ils absents des soins Typology ? Découvrez ici les raisons de ce parti pris.

Publié le 20 octobre 2021, mis à jour le 22 mai 2026, par Maylis, Ingénieure chimiste — 14 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • Les silicones sont des polymères synthétiques dérivés de la pétrochimie. Ils sont très populaires car ils apportent un effet flouteur et lisse à la peau et de la douceur aux cheveux.

  • Si les silicones lourds sont inertes, les siloxanes cycliques de bas poids moléculaire (D4, D5, D6) semblent pouvoir pénétrer dans la peau. Les études toxicologiques classent certains comme perturbateurs endocriniens et reprotoxiques.

  • L'Union européenne interdit depuis 2020 la présence de D4 et de D5 à plus de 0,1% dans les cosmétiques à rincer.

  • Très stables et non biodégradables, les silicones mettent entre 400 et 500 ans à se dégrader. Elles s'accumulent dans les sédiments des cours d'eau, polluent l'air et bioaccumulent la faune marine, au point d'être classées comme Polluants Organiques Persistants.

  • Contrairement aux idées reçues, les silicones ne sont pas comédogènes. Ils restent en surface sans boucher les pores.

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Pourquoi les silicones sont-ils aussi populaires en cosmétique ?

Découverts en 1901 par le chimiste britannique F.S. KIPPING, les silicones, et plus précisément les polymères de siloxanes, sont des composés synthétiques nés de l'association d'atomes de silicium (Si) et d'oxygène (O). Cette combinaison forme une chaîne principale solide caractérisée par des liaisons d'oxyde de silicium. À l'origine, KIPPING les a baptisés "silicones" en raison de leur structure analogue à celle des cétones. Aujourd'hui, en modifiant la longueur de cette chaîne ou en y attachant divers groupements organiques latéraux, les chimistes peuvent créer deux structures principales : les siloxanes linéaires et les siloxanes cycliques.

La structure chimique des silicones.

La structure chimique des silicones.

Source : KAUR S. & al. Silicone in dermatology: An update. Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery (2023).

La liaison Si-O caractéristique des silicones possède une double nature intéressante : elle est à la fois extrêmement forte, ce qui rend le polymère très stable et particulièrement résistant à l'oxydation, et demeure également très flexible. En jouant sur la taille des particules, leur forme et leur poids moléculaire, l'industrie cosmétique est capable de concevoir différents agents de texture qui répondent aux exigences de formulation.

Concrètement, l’intérêt des silicones réside dans leur capacité à agir sur la texture de la peau et des cheveux en formant un film de surface invisible. Sur le visage, ils permettent de flouter les pores et les irrégularités de surface, d'où leur utilisation très répandue dans les bases de maquillage. De plus, leur nature hydrophobe protège la peau de la déshydratation en scellant l'eau dans les tissus. Sur la fibre capillaire, les silicones enrobent la cuticule du cheveu, ce qui permet de lisser les écailles, de discipliner les frisottis, d'apporter une brillance immédiate et de faciliter le démêlage en réduisant la friction au brossage.

La grande force des silicones réside dans leur sensorialité.

Les silicones sont-ils dangereux pour la santé ?

Tout d'abord, il est important de savoir que les silicones appartiennent à une immense famille de polymères et que tous ne présentent pas le même profil de sécurité. La majorité des silicones de haut poids moléculaire, comme les diméthicones linéaires ou le polydiméthylsiloxane (PDMS), sont de grosses molécules chimiquement inertes. Les données scientifiques disponibles confirment qu'elles possèdent une toxicité dermique quasi nulle à court terme et qu'elles ne pénètrent pas dans l'organisme, ce qui les rend tout à fait sûres d'emploi. Les inquiétudes majeures des autorités de santé se concentrent sur une sous-catégorie spécifique : les siloxanes cycliques de bas poids moléculaire, communément appelés D4 (cyclotétrasiloxane), D5 (cyclopentasiloxane) et D6 (cyclohexasiloxane).

En effet, plusieurs études in vivo chez l'humain et le rat indiquent que la majeure partie du D4, du D5 ou du D6 appliquée sur le visage ou le corps s'évapore rapidement dans l'air (entre 60% et 80% de la dose). Dans des conditions normales d'utilisation non occlusives, l'absorption cutanée immédiate reste minime, estimée à moins de 1% de la dose appliquée, dont à peine 0,5% parvient à franchir les couches superficielles de la peau pour rejoindre la circulation sanguine. En raison de cette forte volatilité, les chercheurs soulignent d'ailleurs que l'inhalation de ces vapeurs de silicone reste la principale voie d'exposition humaine, particulièrement lors de l'utilisation de produits en sprays.

Cependant, des travaux récents sur de la peau humaine ex vivo ont apporté un éclairage nouveau et plus préoccupant. Le D6 montre une très forte affinité avec la surface de la peau, mais sa structure lipophile limite sa progression profonde. En revanche, le D4 et le D5 possèdent une cinétique de pénétration plus agressive. Le D4 s'infiltre et traverse le derme, tandis que le D5 s'accumule dans les tissus adipeux. Les chercheurs alertent sur le fait que cette présence dans les couches profondes de la peau crée un risque de bioaccumulation à long terme, permettant aux substances de passer dans les systèmes sanguin et lymphatique de manière continue.

80%

du D4 avait traversé l'épiderme et le derme (expérience sur peau humaine ex vivo).

53%

du D5 avait traversé l'épiderme et le derme (expérience sur peau humaine ex vivo).

17%

du D6 avait traversé l'épiderme et le derme (expérience sur peau humaine ex vivo).

Par ailleurs, des examens toxicologiques menés sur des modèles animaux ont révélé que le cyclométhicone, un mélange de D4, D5 et D6, agit comme un perturbateur endocrinien.

Le D4 est en effet reconnu pour son caractère reprotoxique : il altère les cycles hormonaux en mimant une faible activité œstrogénique et peut stimuler anormalement l'ovulation. Quant au D5, une exposition chronique a été formellement associée à l'apparition d'adénocarcinomes de l'endomètre utérin chez l'animal, tout en affectant négativement le développement des follicules et la réceptivité utérine.

C'est pourquoi, les autorités sanitaires ont mis en place un cadre législatif strict pour protéger les consommateurs. L'Union Européenne, par le biais du règlement cosmétique 2018/35 du 10 janvier 2018 modifiant l'annexe XVII du règlement REACH, a sévi. Depuis le 31 janvier et le 1er février 2020, il est strictement interdit de mettre sur le marché des produits cosmétiques à rincer contenant du D4 ou du D5 à une concentration égale ou supérieure à 0,1%. Cette interdiction s'applique également au cyclométhicone global. De plus, le D4 est officiellement classé dans l'UE comme une substance extrêmement préoccupante (SVHC) en raison de ses propriétés de perturbation endocrinienne.

Si la plupart des silicones restent bien tolérés à court terme, les siloxanes cycliques à bas poids moléculaire semblent poser de réels problèmes pour la santé à long terme.

Des problèmes environnementaux liés aux silicones ?

Au-delà des interrogations sur la santé humaine, l’impact écologique des silicones constitue l'un des arguments les plus lourds en faveur de leur éviction.

En raison de la robustesse exceptionnelle de la liaison oxyde de silicium, ces polymères synthétiques sont chimiquement stables et inertes. Une fois le produit jeté, on estime ainsi qu'il faut en moyenne 400 à 500 ans pour que les silicones se dégradent dans la nature. Classés dans la famille des microplastiques fluides, ces polymères non biodégradables s'accumulent massivement dans la biosphère, créant une pollution invisible mais durable.

Le parcours environnemental des silicones cosmétiques commence directement dans la salle de bain. Lorsque ces substances sont éliminées par le nettoyage ou le démaquillage, elles sont évacuées avec les eaux usées. Or, les stations d'épuration ne sont que partiellement équipées pour filtrer ces molécules de synthèse. Une quantité importante de siloxanes échappe ainsi aux traitements et se retrouve libérée dans les milieux aquatiques, ou se concentre dans les boues d'épuration qui sont ensuite épandues sur les sols agricoles, contaminant les sédiments et les nappes phréatiques. De plus, en raison de leur volatilité, une part importante de ces composés s'évapore dans l'air ambiant, voyageant sur de très longues distances, jusqu'à être détectée dans des écosystèmes vierges comme l'Antarctique.

18,4 ng/m3

Concentration en siloxane cyclique volatile D5 détecté dans l'eau et les sédiments en Antarctiques en 2017.

281 ng/m3

Concentration en siloxane cyclique volatile D6 détecté dans l'eau et les sédiments en Antarctiques en 2017.

Cette accumulation des silicones est particulièrement préoccupante pour la biodiversité marine.

Les siloxanes cycliques possèdent un fort potentiel de bioaccumulation, ce qui signifie qu'ils se stockent dans les tissus des organismes vivants et se concentrent le long de la chaîne alimentaire, des micro-organismes jusqu'aux poissons. Une fois ingérés ou absorbés, ces polluants affectent les fonctions vitales des espèces marines. Plusieurs études démontrent qu'ils altèrent les capacités de filtration des mollusques et perturbent la photosynthèse du phytoplancton.

C'est pourquoi, dès novembre 2012, sur la base d'évaluations environnementales continues, le groupe d'experts PBT, dédié aux substances Persistantes, Bioaccumulables et Toxiques, de l'Agence Européenne des Produits Chimiques a déterminé que le D4 et le D5 répondaient aux critères de toxicité de l'Annexe XIII de REACH.

Le D4 a ainsi été officiellement classé comme une substance PBT et vPvB (très Persistante et très Bioaccumulable), tandis que le D5 a été jugé conforme aux critères vPvB. En conséquence, ces ingrédients ont rejoint la liste internationale des Polluants Organiques Persistants (POP), au même titre que certains des pesticides industriels les plus surveillés de la planète.

Remarque : Les silicones utilisés en cosmétique sont des dérivés issus de l'industrie pétrochimique. Leur synthèse nécessite des transformations chimiques lourdes à partir de matières premières fossiles. Toutefois, il s'agit de sous-produits industriels : les raffineries n'extraient et ne distillent pas le pétrole spécifiquement pour fabriquer des silicones cosmétiques, mais valorisent des coupes chimiques déjà existantes.

Par principe de précaution et conformément à nos valeurs humaines et environnementales, les silicones font partie des ingrédients exclus de nos soins chez Typology.

Les silicones sont-ils comédogènes ?

C'est l'une des idées reçues les plus tenaces : les silicones boucheraient les pores et favoriseraient l'apparition des points noirs et des boutons.

Pourtant, cette affirmation est fausse. Les silicones sont des substances non comédogènes. Cette réputation vient de leur effet "occlusif". En effet, si les silicones ne bouchent pas les pores, ils forment un film hydrophobe à la surface de la peau, qui fait craindre à certains consommateurs un effet comédogène. Toutefois, il n'y a aujourd'hui pas d'étude scientifique qui montre que les silicones gênent l'écoulement du sébum et l'emprisonnent dans les pores.

Sources

FAQ sur les silicones en cosmétique.

Comment repérer les silicones dans la liste INCI d'un produit ?

Il est très facile de les identifier grâce à leurs terminaisons chimiques. Les silicones les plus courants se terminent généralement par "thicone" (Dimethicone, Amodimethicone), "thiconol" (Dimethiconol) ou "xane" (Cyclopentasiloxane, Cyclotetrasiloxane).

Les silicones abîment-ils les cheveux à long terme ?

Non, les silicones n'ont pas d'effet néfaste sur les fibres capillaires, ils les enrobent et les rendent plus brillants et plus doux. Contrairement à certaines idées reçues, ils ne s'accumulent pas et "n'étouffent" pas les cheveux.

Par quoi remplacer les silicones ?

Parmi les alternatives aux silicones fréquemment citées, on retrouve la Coco-Caprylate/Caprate, l'Isoamyl Laurate et l'hémisqualane.

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