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Causes papules sur la vulve

Papules sur la vulve : à quoi cela est dû ?

Il est naturel de s'inquiéter en voyant apparaître des papules sur la vulve. Celles-ci se présentent sous la forme de petites élévations de la peau, de tailles et de textures variables, se manifestant de manière isolée ou groupée. Quelles sont les causes de la formation de papules sur la vulve ? Explorons-les ensemble dans cet article.

Publié le 23 octobre 2024, mis à jour le 28 mai 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 11 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • Les papules vulvaires sont de petites bosses pleines et surélevées. Leurs causes sont multiples et nécessitent un examen médical pour être correctement identifiées.

  • Les grains de Fordyce et la papillomatose vestibulaire sont des variations anatomiques normales, bénignes et fréquentes, qui ne demandent aucun traitement.

  • Le rasage, l'épilation, le frottement des vêtements et les gels douches parfumés sont les premiers responsables des papules inflammatoires.

  • Les condylomes, liés au HPV, les molluscums contagiosum et l'herpès génital sont des infections virales transmissibles nécessitant une prise en charge ciblée.

  • Toute papule isolée, ferme, changeant d'aspect ou saignant, en particulier après 50 ans ou sur un terrain de lichen chronique, doit impérativement être examinée par un médecin pour exclure une lésion précancéreuse.

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La zone vulvaire étant particulièrement complexe, l'apparition de toute nouvelle lésion, bouton ou modification cutanée impose une consultation chez un gynécologue, un dermatologue ou une sage-femme pour obtenir un diagnostic précis.

Cause n°1 des papules sur la vulve : Les variations anatomiques normales.

Ce qui apparaît comme des papules sur la vulve peut en réalité être des particularités anatomiques qui ne présentent aucun danger. Très souvent confondus avec des boutons pathologiques, les grains de Fordyce sont en réalité des glandes sébacées totalement normales, mais simplement plus visibles et hypertrophiées. Ils se présentent sous la forme de minuscules papules lisses, de couleur blanc-jaunâtre ou chair, disposées sur les petites lèvres ou l'intérieur des grandes lèvres. Totalement indolores et non contagieux, ils font partie de l'anatomie normale et ne nécessitent aucun traitement.

Il peut aussi s'agir d'une papillomatose vestibulaire. Souvent qualifiée à tort de "papules perlées", un terme plutôt réservé à la couronne du gland chez l'homme, la papillomatose vestibulaire se traduit par de petites projections filiformes, de couleur rose, alignées de manière symétrique à l'entrée du vagin. Il s'agit d'une simple variante de l'anatomie féminine. Elles ne provoquent aucun symptôme, ne se transmettent pas et ne requièrent aucune intervention.

Cause n°2 des papules sur le vulve : Les irritations locales et les causes mécaniques.

Très souvent, les papules vulvaires résultent d'une irritation locale. Celle-ci peut par exemple être due au port de sous-vêtements trop serrés ou à la pratique de certains sports, comme le vélo ou l'équitation, susceptibles de provoquer des microtraumatismes répétés au niveau de la vulve et une légère réaction inflammatoire sous forme de petites papules rouges ou rosées. Certains gels douches ou lessives, notamment à base d'alcools ou de parfums, peuvent également agresser cette zone sensible et entraîner une réponse immunitaire locale se traduisant par l'émergence de papules vulvaires.

Autre cause d'irritation fréquente : le rasage pubien. En effet, lorsqu'il est effectué à sec ou sans produit de rasage adapté, il peut engendrer des microcoupures. Celles-ci peuvent devenir des points d'entrée pour les bactéries, entraînant alors une inflammation des follicules pileux sous forme de papules rouges. À noter que les poils incarnés susceptibles d'apparaître après l'épilation peuvent eux aussi entraîner la formation de papules.

Une mauvaise technique de rasage interférant avec la trajectoire de la pousse des poils et allant de pair avec les problèmes de poils incarnés peut aussi provoquer une folliculite, une inflammation des follicules pileux causée par une infection bactérienne, souvent due à Staphylococcus aureus, ou fongique. Sur la vulve, cette inflammation prend la forme de petites papules rouges entourant la base des poils, pouvant être douloureuses et remplies de pus. Le traitement de la folliculite repose souvent sur l'utilisation pendant plusieurs jours d'antibiotiques topiques, comme la mupirocine ou la clindamycine.

Enfin, les papules sur la vulve causées mécaniquement peuvent résulter d'un molluscum pendulum. Aussi appelées fibromes mous, ces papules sont souvent de couleur chair et sont assez souples. On les retrouve fréquemment dans les plis cutanés, en raison des frottements subis par ces zones. Les fibromes mous sont plus fréquents chez les personnes insulino-résistantes, même si les mécanismes sous-jacents ne sont pas encore complètement compris. Ni malignes, ni contagieuses, les papules dues à un molluscum pendulum peuvent être gênantes car elles peuvent facilement "s'accrocher", aux sous-vêtements par exemple. Ces boutons peuvent facilement être retirés par cryothérapie à l’azote liquide, en pratiquant une ablation ou par électrodessication.

Cause n°3 des papules sur la vulve : Une dermatose inflammatoire chronique.

Le développement de papules sur la région vulvaire peut également révéler une pathologie inflammatoire chronique sous-jacente, dont le lichen plan est l'une des expressions les plus caractéristiques. Cette affection d'origine auto-immune perturbe le renouvellement des cellules de la peau et des muqueuses. À son stade initial, le lichen plan vulvaire se manifeste par l'apparition de petites papules fermes, lisses et légèrement brillantes, arborant une teinte violacée ou rougeâtre très reconnaissable. Ces lésions s'accompagnent presque systématiquement d'un prurit féroce, de sensations de brûlures intenses et, dans certains cas, de fines lignes blanches en réseau à leur surface. En l'absence de prise en charge, ces papules peuvent enfler, s'ulcérer et altérer l'architecture de la vulve.

À côté du lichen plan, le lichen scléreux constitue une autre dermatose chronique majeure de la sphère génitale féminine. Bien qu'il se traduise plus souvent par des plaques blanchâtres et une perte d'élasticité de la peau, il peut débuter de manière trompeuse par de petites papules fermes et isolées. Ces deux pathologies se caractérisent par une évolution par poussées, souvent exacerbées par le stress ou des variations hormonales. Parce qu'elles modifient la structure cutanée à long terme et augmentent légèrement le risque de complications ultérieures, elles ne relèvent jamais de l'automédication.

Un diagnostic précoce par biopsie ou examen clinique approfondi est indispensable pour mettre en place un traitement adapté, reposant généralement sur l'application rigoureuse et encadrée de corticoïdes locaux.

Cause n°4 des papules sur la vulve : Une infection virale.

Également connu sous le nom de verrue génitale, le condylome prend la forme de petites excroissances rugueuses, souvent regroupées et généralement indolores. Ces papules sont causées par certaines souches du papillomavirus humain et sont essentiellement transmises par contact sexuel. Bien que bénins, les condylomes peuvent être sources de gêne esthétique ou fonctionnelle. Le traitement consiste souvent en des solutions topiques, comme la podophyllotoxine ou l'imiquimod, ou en des méthodes physiques, comme le laser ou la cryothérapie. Toutefois, quelle que soit la méthode choisie, le taux de récidive est assez élevé et se situe entre 30 et 60%.

Les papules peuvent aussi provenir d'un molluscum contagiosum, une infection virale causée par un poxvirus qui se manifeste par des papules rondes et fermes, présentant souvent une petite dépression en leur centre. Ces lésions sont généralement de couleur chair ou légèrement rosées et mesurent entre 2 et 5 millimètres de diamètre. Comme son nom l'indique, le molluscum contagiosum est contagieux et se transmet par contact direct. Bien que ces papules soient bénignes et n'occasionnent ni démangeaisons ni douleurs, elles peuvent persister plusieurs mois sans traitement. Plusieurs médicaments topiques permettent de se débarrasser des papules de molluscum contagiosum, tels que l'acide trichloracétique, la trétinoïne ou encore le tazarotène. Elles peuvent également être traitées par cryothérapie, brûlées au laser ou avec un courant électrique, ou retirées de façon chirurgicale.

Enfin, l'herpès génital, causé par le virus de l'herpès simplex, est une infection sexuellement transmissible qui se manifeste d'abord par des papules rouges douloureuses qui évoluent rapidement en vésicules remplies de liquide. Ces lésions se rompent ensuite pour former des ulcérations douloureuses avant de cicatriser. Le virus peut rester latent dans l'organisme et provoquer des récidives lors des périodes de stress ou d'immunodépression. À l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement ni de vaccin contre l'herpès génital, mais des médicaments antiviraux peuvent aider à soulager les douleurs occasionnées par les lésions et à contrôler les récurrences.

Papules sur la vulve : quand s'inquiéter ?

Si la grande majorité des papules vulvaires sont liées à des affections bénignes, l'apparition d'une nouvelle lésion isolée chez une femme de plus de 50 ans doit systématiquement pousser à consulter rapidement.

Statistiquement, c'est à cette période de la vie que le risque de développer des lésions précancéreuses, appelées néoplasies intra-épithéliales vulvaires, ou un cancer de la vulve augmente de manière significative. Ce risque est particulièrement élevé chez les femmes ayant un historique de lichen scléreux chronique non traité ou mal contrôlé, car l'inflammation chronique modifie l'ADN des cellules, ou chez celles porteuses d'une infection persistante à un papillomavirus humain (HPV) d'un sous-type oncogène.

Cliniquement, une lésion suspecte à cet âge ne ressemble pas à un bouton classique. Il s'agit généralement d'une papule unique, ferme au toucher, dont la couleur peut varier et qui a tendance à persister. Au fil des semaines, cette papule peut s'agrandir, modifier son relief, saigner au frottement ou se transformer en une petite plaie qui ne cicatrise pas. L'absence de douleur ne doit toutefois pas rassurer, car ces tumeurs sont souvent indolores à leur début. Face à une telle lésion, le gynécologue ou le dermatologue pratiquera une micro-biopsie sous anesthésie locale. Ce geste simple et rapide est le seul examen permettant d'analyser les cellules et d'éliminer toute malignité.

Sources

FAQ sur les causes des papules vulvaires.

Quelle est la différence entre une papule, une vésicule et une pustule sur la vulve ?

Une papule est une lésion cutanée pleine et ferme au toucher. Une vésicule est une petite bulle surélevée remplie d'un liquide clair. Une pustule, quant à elle, contient un liquide purulent, blanc ou jaune. Toutes doivent faire l'objet d'une surveillance.

Les grains de Fordyce peuvent-ils apparaître soudainement ?

Non, les grains de Fordyce sont présents dès la naissance, mais ils deviennent beaucoup plus visibles et volumineux à partir de la puberté, sous l'effet des poussées hormonales qui stimulent les glandes sébacées. Ils peuvent donner l'impression d'apparaître soudainement si on y prête attention pour la première fois, mais ils sont permanents et tout à fait normaux.

Est-ce qu'un poil incarné sur la vulve peut se transformer en papule ?

Un poil incarné entraîne une réaction inflammatoire qui crée une papule rouge temporaire. Si le poil n'est pas évacué ou si l'infection s'enkyste, la lésion peut persister sous forme de nodule ou laisser une petite cicatrice fibreuse en relief. Si le bouton ne disparaît pas après quelques semaines, il faut le montrer à un professionnel.

Est-ce qu'une mauvaise hygiène intime peut causer des papules sur la vulve ?

Le plus souvent, c'est l'inverse. Un excès d'hygiène ou l'utilisation de produits décapants détruit la flore protectrice et le film hydrolipidique de la vulve. Cela crée des irritations qui peuvent se manifester par des papules. Un lavage quotidien à l'eau claire ou avec un pain dermatologique doux et sans parfum est amplement suffisant.

Quels sous-vêtements privilégier pour éviter les papules d'irritation ?

Il est recommandé de porter des culottes en coton, une fibre naturelle non-occlusive et qui absorbe l'humidité. Mieux vaut éviter les matières synthétiques, comme le nylon ou l'élasthanne, et les coupes trop serrées qui accentuent la macération et les frottements mécaniques répétés sur la vulve.

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