Si vous avez de l'acné pendant votre grossesse, il est important de consulter un dermatologue ou un professionnel de santé, qui pourra vous aiguiller vers des traitements adaptés à votre situation.
Certains antibiotiques.
En cas d'acné pendant la grossesse, des antibiotiques peuvent parfois être prescrits aux femmes. En application topique ou par voie orale, ils permettent de lutter contre la prolifération bactérienne de Cutibacterium acnes et aident à retrouver une peau plus lisse. L'un des plus utilisés est l'érythromycine, ayant des propriétés anti-inflammatoires et antibactériennes. On la retrouve généralement dans des solutions de 2 à 4%.
L'érythromycine exerce une activité antibactérienne en inhibant la croissance des bactéries responsables de l'acné. Elle pénètre dans les cellules bactériennes et interfère avec leur mécanisme de reproduction, ce qui réduit leur nombre et leur impact sur la peau. En ce qui concerne son action anti-inflammatoire, l'érythromycine agit en inhibant la production de médiateurs inflammatoires et en réduisant l'activité des enzymes qui déclenchent l'inflammation, comme par exemple les cyclo-oxygénases (COX). Les enzymes COX, en particulier COX-2, sont responsables de la conversion de l'acide arachidonique en prostaglandines E2, molécules à l'origine d'effets inflammatoires et douloureux.
Remarque : La clindamycine peut également être prescrite aux femmes enceintes souffrant d'acné. Se présentant sous forme de gel, elle présente une absorption cutanée négligeable. Pour maximiser son efficacité et éviter les résistances, elle est souvent associée au peroxyde de benzoyle.
Le gluconate de zinc.
Le gluconate de zinc est un antibactérien, un anti-inflammatoire et un actif matifiant. Il inhibe la croissance des bactéries responsables de l'acné en interférant avec leur capacité à se diviser et à former de nouvelles cellules. Le gluconate de zinc peut aussi réduire l'adhésion de Cutibacterium acnes aux follicules pileux ou aux glandes sébacées, ce qui limite sa prolifération.
De plus, il réduit la production de certains médiateurs inflammatoires, tels que les cytokines pro-inflammatoires, les interleukines et les prostaglandines. Le gluconate de zinc peut également moduler l'activité d'enzymes impliquées dans l'inflammation, comme la 5-lipoxygénase. Cette dernière est exprimée par les leucocytes et est responsable de la synthèse des leucotriènes, des médiateurs lipidiques de l'inflammation. Enfin, le gluconate de zinc inhibe l’activité de la 5-alpha-réductase, une enzyme intervenant dans la synthèse du sébum par les glandes sébacées.
Le gluconate de zinc est généralement utilisé à des concentrations comprises entre 0,5 et 2%.
Remarque : Il est aussi possible pour les femmes enceintes de faire une cure de zinc oral. Cette dernière repose sur la prise de 30 mg par jour pendant au moins trois mois.
Les acides exfoliants.
Le renouvellement cellulaire peut être ralenti par les variations hormonales, favorisant l'accumulation de cellules mortes. L'usage d'acides de fruits ou d'acides bêta-hydroxylés aide à lutter contre l'acné de grossesse.
L'acide azélaïque (15 à 20%) : Souvent considéré comme la référence pour les femmes enceintes, cet acide dicarboxylique est naturellement présent dans les céréales. Son efficacité est triple : l'acide azélaïque est bactéricide contre C. acnes, kératolytique et anti-inflammatoire. Par ailleurs, l'acide azélaïque a une action inhibitrice sur la tyrosinase, ce qui lui permet de prévenir l'hyperpigmentation post-inflammatoire, mais aussi le masque de grossesse.
Les acides alpha-hydroxylés (AHA) : L'acide glycolique ou l'acide lactique sont des acides hydrosolubles qui agissent à la surface de l'épiderme. En brisant les desmosomes qui retiennent les cornéocytes entre eux, ils favorisent l'exfoliation de la peau et libèrent la peau des cellules mortes accumulées.
L'acide salicylique (BHA) : À l'inverse des AHA, l'acide salicylique est liposoluble, ce qui lui permet de pénétrer à l'intérieur du pore pour dissoudre le bouchon de sébum. Par mesure de prudence, on recommande tout de même d'éviter les peelings professionnels très concentrés, et de se contenter des solutions topiques prescrites par le dermatologue (2 à 4%).
Le peroxyde de benzoyle.
Cette molécule est bien connue des personnes sujettes à l'acné. Comme décrit plus haut, le peroxyde de benzoyle est prescrit aux femmes enceintes lorsqu'elles souffrent d'acné sévère ou lorsque les autres traitements n'ont pas eu d'effet. Le peroxyde de benzoyle agit notamment en libérant un oxygène actif, un oxydant qui va réagir avec Cutibacterium acnes et perturber son métabolisme et ses membranes cellulaires.
Il s'agit aussi d'un kératolytique qui va limiter les risques d'obstruction des pores de la peau par des cellules mortes. En outre, le peroxyde de benzoyle réduit l'inflammation en inhibant la production de médiateurs inflammatoires, comme certaines cytokines et prostaglandines. Tout cela aide à atténuer les rougeurs et les boutons associés à l'acné. Les traitements topiques habituels contre l'acné contenant du peroxyde de benzoyle utilisent généralement des concentrations comprises entre 2,5 et 10%.
Notons que certaines études cliniques ont montré que des concentrations de 2,5 et 5% s'avéraient tout aussi efficaces qu'une concentration de 10%, tout en réduisant les risques d'effets secondaires, tels que la sécheresse cutanée.
Les bêta-lactamines (pénicilline, amoxicilline, céphalexine).
Lorsque les traitements topiques ne suffisent pas à endiguer l'inflammation ou que l'acné présente un risque de laisser des cicatrices, le recours à des traitements systémiques peut être envisagé, même pendant la grossesse. Le choix des molécules est alors restreint aux options les plus sûres pour le futur bébé et la future maman. Parmi celles pouvant être utilisées, on retrouve les bêta-lactamines.
Ce groupe d'antibiotiques constitue la première ligne de traitement oral durant la grossesse en raison de leur excellent profil de sécurité (catégorie B par la FDA). La pénicilline et la céphalexine sont considérées comme sûres durant tous les trimestres. L'amoxicilline, bien que son usage au premier trimestre ait parfois été discuté par le passé, demeure un actif de référence. Ces molécules agissent en inhibant la synthèse de la paroi bactérienne, ce qui entraîne la lyse des bactéries C. acnes. Leur passage placentaire est bien documenté et n'est associé à aucun risque tératogène connu.
Les macrolides (érythromycine, azithromycine).
Ces antibiotiques sont de bonnes alternatives pour traiter l'acné de grossesse, notamment en cas d'allergie aux pénicillines. L'érythromycine, sous forme de base ou d'éthylsuccinate, souvent utilisée au cours des deuxième et troisième trimestres, agit en se liant aux ribosomes bactériens pour bloquer la synthèse des protéines. L'azithromycine a un mécanisme d'action similaire, mais est plus facile à prendre. En effet, si l'érythromycine est prise à raison de deux comprimés par jour, l'azithrymycine peut être prise en une seule fois. De plus, elle est associée à une meilleure tolérance digestive.