Qu'il soit ancien ou récent, un tatouage nécessite d'être correctement protégé des rayons UV. Pourquoi ? Et comment faire ? Voici tous nos conseils pour protéger votre peau tatouée des méfaits du soleil.

Qu'il soit ancien ou récent, un tatouage nécessite d'être correctement protégé des rayons UV. Pourquoi ? Et comment faire ? Voici tous nos conseils pour protéger votre peau tatouée des méfaits du soleil.

Avoir un tatouage est aujourd'hui de plus en plus normalisé, d'où un engouement sans précédent pour cette pratique. Parallèlement à cette démocratisation, certaines études sociologiques suggèrent que les personnes tatouées affichent un mode de vie qui les expose davantage aux expositions solaires, qu'il s'agisse de loisirs ou de travail en plein air, sans toutefois que cela soit réellement expliqué. Quelles que soient les raisons de cette plus grande exposition solaire, ce constat statistique renforce l'importance pour les personnes tatouées de connaître les risques du soleil pour leur peau.
de la population mondiale a au moins un tatouage.
des personnes tatouées rapportent avoir un mode de vie les exposant de façon importante au soleil (questionnaire adressé à 9 031 personnes au Brésil, dont 1 682 avaient au moins un tatouage).
des personnes tatouées rapportent avoir un mode de vie les exposant de façon importante au soleil (questionnaire adressé à 9 031 personnes au Brésil, dont 1 682 avaient au moins un tatouage).
Un tatouage récent est une plaie ouverte qui traverse l'épiderme pour déposer les pigments dans le derme. Les rayons UV ralentissent le processus de régénération cellulaire et affaiblissent les défenses immunitaires locales. Si une brûlure solaire survient sur cette zone en pleine guérison, elle peut déclencher une inflammation importante qui fragilise la barrière cutanée, ouvrant grand la porte aux infections bactériennes.
Lorsque la peau subit le traumatisme combiné de l'aiguille et du coup de soleil, les mélanocytes s'activent de manière anarchique. Ce stress thermique intense peut provoquer une hyperpigmentation post-inflammatoire, c'est-à-dire l'apparition de taches sombres tout autour ou au cœur même du motif, altérant l'aspect de la peau.
Même sur un tatouage parfaitement cicatrisé et ancien, les UV restent destructeurs. Les rayons UVA pénètrent profondément dans le derme et brisent les grosses molécules de pigments d'encre. Une fois fragmentées en micro-particules par le soleil, ces encres sont progressivement digérées et éliminées par les macrophages, les cellules du système immunitaire. Visuellement, le tatouage perd son éclat, les lignes noires s'estompent vers le vert ou le bleu, et les détails deviennent plus flous.
Une question de santé publique majeure réside dans le lien potentiel entre la réalisation d'un tatouage et le risque de développer un cancer de la peau suite aux expositions solaires. Plusieurs études publiées ces dernières années apportent un éclairage intéressant, bien que nuancé, sur la question. En France, une vaste étude épidémiologique menée pendant 15 ans sur une cohorte de 111 074 participants a analysé la survenue de 1 789 cancers de la peau, dont 693 mélanomes et 1 096 carcinomes. Les conclusions de cette recherche n'ont révélé aucune association globale entre le fait d'être tatoué et le risque de développer un cancer cutané.
À l'inverse, une étude menée en Suède a comparé 2 880 individus diagnostiqués d'un mélanome cutané à un groupe témoin. Les chercheurs ont observé que 22% des personnes atteintes d'un mélanome possédaient un tatouage, contre 20% dans le groupe en bonne santé. Après ajustement des différents facteurs, l'étude a mis en évidence un risque relatif ajusté de mélanome supérieur de 29% chez les personnes tatouées par rapport aux non-tatouées.
Les personnes tatouées auraient 29% plus de risque de développer un mélanome que les personnes non-tatouées.
Les auteurs suggèrent ainsi que le tatouage pourrait constituer un facteur de risque pour le mélanome cutané, tout en insistant sur le fait que d'autres recherches scientifiques restent indispensables pour établir un véritable lien de cause à effet.
Tatouée ou non-tatouée, la peau doit impérativement être protégée du soleil.
S'il n'existe pas d'interdiction stricte de se faire tatouer à une période précise de l'année, planifier sa séance au cœur de la saison estivale relève souvent du parcours du combattant.
Un tatouage fraîchement réalisé nécessite en effet une discipline de soins rigoureuse pendant plusieurs semaines, une période durant laquelle la peau doit être totalement préservée des agressions extérieures. En été, la tentation des baignades à la mer ou à la piscine, l'inévitable transpiration due à la chaleur et la force des rayonnements solaires compliquent considérablement le processus de guérison. Privilégier la période automnale ou hivernale est souvent plus simple et plus confortable. En effet, les vêtements longs offrent une protection solaire naturelle sans effort, et, même si les rayons UV sont toujours présents, leur intensité est plus faible qu'en été, ce qui permet une cicatrisation plus sereine.
Les trois premiers mois suivant la réalisation d'un tatouage constituent une période critique. Pour préserver la peau qui vient d'être fragilisée par les aiguilles et s'assurer que le tatouage ne vire pas au bleu ou au vert, la crème solaire n'est pas suffisante. La seule façon de protéger la peau et le tatouage est de ne pas les exposer directement au soleil. Pour cela, il faut se tourner vers une protection physique, c'est-à-dire le port d'un vêtement en tissu opaque ou d'un pansement protecteur qui fait office de barrière aux rayons UV.
Il est bon de savoir que tous les tissus ne se valent pas face aux rayons du soleil.
Un t-shirt en coton blanc ou un vêtement léger et transparent laisse passer une quantité importante d'UV à travers ses mailles, ce qui s'avère insuffisant pour une peau en pleine cicatrisation. Si vous venez de vous faire tatouer, nous vous recommandons de privilégier des vêtements sombres, aux fibres tressées de manière très serrée, comme le denim, ou d'investir dans des vêtements techniques portant un UPF, l'équivalent de l'indice FPS pour les textiles.
| Indice UPF de 0 à 15 | Indice UPF de 15 à 24 | Indice UPF de 25 à 39 | Indice UPF de 40 et plus |
|---|---|---|---|
| Le vêtement n’est pas anti-UV. | Le vêtement assure une protection moyenne et filtre entre 93% et 95% des rayons UV. | Le vêtement offre une bonne protection et filtre entre 96% et 97,4% des rayons UV. | Le vêtement offre une protection élevée et filtre entre 97% et 98% des rayons UV. |
La protection physique est le seul moyen de garantir que les rayons UV ne viendront pas brûler l'épiderme fragilisé ou fragmenter prématurément les pigments d'encre logés dans le derme.
Une fois le cap des trois mois franchi, la peau a superficiellement récupéré, mais la protection solaire ne doit pas être négligée pour autant. Pour les tatouages anciens, l'application d'une crème solaire à large spectre avec un indice FPS d'au moins 50 doit être un réflexe quotidien, surtout lors des beaux jours.
Pour protéger vos tatouages de manière ciblée, les sticks solaires s'imposent comme une solution pratique et nomade. Faciles à glisser dans une poche ou un sac, ils permettent d'effectuer des retouches rapides tout au long de la journée, que ce soit en terrasse ou lors d'une activité physique en extérieur. Une précaution reste cependant à garder en tête : pour obtenir le niveau de protection affiché sur le tube, il faut effectuer au moins 4 passages aller-retour sur la même zone. Un seul balayage superficiel de stick solaire dépose une couche de produit bien trop fine pour protéger correctement la peau du soleil.
Remarque : Il existe aujourd'hui des crèmes solaires pour tatouage, mais, en réalité, elles offrent la même protection que les crèmes solaires classiques. L'important est de vérifier le FPS, qui indique l'efficacité d'un soin contre les UV érythémateux, soit majoritairement les UVB, et la notation PA, qui atteste de l'efficacité contre les UVA. Si ces deux critères sont réunis, on parle de protection solaire à large spectre.
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NIELSEN C. & al. Does tattoo exposure increase the risk of cutaneous melanoma? A population-based case-control study. European Journal of Epidemiology (2025).
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