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Mode d'utilisation de l'acide lactique.

Comment utiliser l'acide lactique ?

Sérums, toniques, crèmes de nuit... L'acide lactique peut être retrouvé dans différents cosmétiques. Pourtant, son efficacité dépend de sa concentration et du type de formule dans lequel il est intégré. Quelles sont les différentes façons d'utiliser l'acide lactique ? Retrouvez-les à la suite.

Publié le 29 août 2022, mis à jour le 1 juin 2026, par Maylis, Ingénieure chimiste — 15 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • L'acide lactique est un acide alpha-hydroxylé qui possède des propriétés exfoliantes, mais aussi hydratantes, puisqu'il est un composant des Facteurs Naturels d'Hydratation de la peau.

  • L'efficacité de l'acide lactique dépend de sa concentration, mais aussi de son pH, qui doit être acide.

  • L'acide lactique s'utilise le soir, car il peut rendre la peau sensible au soleil.

  • Injecté sous forme d'acide poly-L-lactique, l'acide lactique stimule la production de collagène par les fibroblastes. Ces injections doivent être pratiquées par un professionnel qualifié.

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L’acide lactique : un actif aux multiples vertus.

L'acide lactique est un acide alpha-hydroxylé (AHA) organique que l’on retrouve dans le lait, le vin, certains végétaux, mais aussi dans la peau. Il constitue en effet un pilier des Facteurs Naturels d'Hydratation (FNH), un complexe hygroscopique représentant 30% du poids sec de la couche cornée et qui est indispensable pour capter et sceller l'eau dans l'épiderme. L'acide lactique possède un poids moléculaire plus élevé que l'acide glycolique (90,08 g/mol, contre 76,05 g/mol), un autre AHA, ce qui lui confère une pénétration cutanée plus lente et progressive. Cette caractéristique lui offre une bonne tolérance cutanée.

Au-delà de son rôle de régulateur de pH, cet actif est connu pour ses propriétés kératolytiques, qui aident à obtenir une peau plus nette.

56%

de réduction des comédons après 12 semaines d'utilisation d'un sérum à 2% d'acide lactique (étude clinique réalisée sur 90 volontaires).

L'acide lactique est également en mesure d'agir sur le vieillissement cutané. Il a été montré qu'il pouvait subir une déprotonation en milieu aqueux pour se transformer en acide pyruvique, une forme lipophile capable de stimuler indirectement les fibroblastes du derme à synthétiser du collagène et de l'élastine. Enfin, la recherche montre qu'il uniformise le teint en inhibant la tyrosinase, l’enzyme clé de la production de mélanine, estompant ainsi les taches pigmentaires.

Les bons gestes pour utiliser l'acide lactique sur la peau.

Pour tirer pleinement parti des vertus de l'acide lactique, il faut comprendre l'équilibre physico-chimique qui régit son efficacité. Conformément à la réglementation cosmétique européenne, sa concentration est plafonnée à 20% dans les produits de soin du commerce. Si vous réalisez un peeling professionnel chez un dermatologue, le pourcentage d'acide lactique utilisé pourra être plus important et avoisiner les 70-80%. Toutefois, cette concentration ne fait pas tout.

L'efficacité de l'acide lactique dépend aussi du pH de la formule.

L'acide lactique fonctionne mieux dans un environnement acide, idéalement doté d’un pH situé entre 3,5 et 4. Si le pH est trop élevé, l'acide est neutralisé et perd ses capacités exfoliantes ; s'il est trop bas, le soin devient trop irritant pour la peau. L'effet de la concentration et du pH sur l'efficacité exfoliante de l'acide lactique a été mis en évidence au cours d'une étude menée par HAHN et son équipe sur 26 volontaires pendant sept semaines. Ces derniers ont utilisé pendant cette période un soin à l'acide lactique, dont la concentration et le pH étaient fixés, ou un placebo. La durée du renouvellement cellulaire a été mesurée. Pour information, plus celle-ci est courte, meilleures sont les propriétés exfoliantes de l'acide lactique.

Effets du pH et de la concentration sur l'efficacité de l'acide lactique.

Effets du pH et de la concentration sur l'efficacité de l'acide lactique.

Adapté de : HAHN G. & al. The roles of pH and concentration in lactic acid-induced stimulation of epidermal turnover. Dermatologic Surgery (1998).

Ces résultats montrent une meilleure efficacité de l'acide lactique à concentration élevée et à pH faible.

Quant au mode d'application de l'acide lactique, fiez-vous scrupuleusement aux notices : si certains soins s'appliquent sur l'ensemble du visage, d'autres demandent de ne pas être déposés à proximité de la peau fine du contour des yeux. De même, la fréquence dépend du type de produit. Certains sérums à l'acide lactique peuvent s'utiliser quotidiennement, tandis que les masques ne s'appliqueront qu'une à deux fois par semaine.

Par ailleurs, en affinant la couche cornée, il est bon de savoir que l'acide lactique rend la peau légèrement plus sensible au soleil. C'est pourquoi il s'utilise exclusivement le soir. Le lendemain matin, l'application d'une crème solaire à large spectre est obligatoire. Enfin, même si l'acide lactique est un actif relativement doux qui convient de façon générale aux peaux sensibles, le risque de réactions individuelles ne peut pas être écarté. Par principe de précaution, nous vous invitons donc à réaliser un test cutané au creux de votre coude lors de la première application. Si aucune rougeur, gonflement ou sensation de démangeaisons n'est apparue après 24 à 48 heures, cela signifie que votre peau tolère bien le soin et que vous pouvez commencer à l'utiliser.

Acide lactique sur les cheveux : quel mode d'emploi ?

Même si l'acide lactique est surtout connu pour ses effets sur la peau, cet actif n'est pas totalement absent des soins capillaires. Souvent négligé, le cuir chevelu accumule pourtant des résidus de produits coiffants, du sébum et des particules de pollution. L'acide lactique est donc particulièrement utile dans des gommages capillaires. En éliminant les impuretés du cuir chevelu, il limite l'apparition des pellicules, améliore la pénétration des actifs appliqués par la suite et favorise une pousse plus saine des cheveux.

On peut aussi retrouver l'acide lactique dans la composition de shampooings, d'après-shampooings ou de masques, où il joue plutôt un rôle de stabilisateur de pH. Le but est d'ajuster ce dernier à celui de la fibre capillaire, naturellement acide et autour de 4,5 à 5,5. En acidifiant le milieu, l'acide lactique aide à lisser les écailles de la cuticule, ce qui permet aux fibres capillaires de mieux refléter la lumière, et donc aux cheveux d'être plus brillants. Cela participe aussi à protéger le cortex, la couche interne des cheveux.

Le mode d'emploi de l'acide lactique dans les soins capillaires dépend surtout de la nature du produit.

Un gommage du cuir chevelu ou un masque capillaire s'appliquera une à deux fois par semaine, tandis qu'un shampooing ou un après-shampooing s'adaptera à la fréquence à laquelle vous lavez vos cheveux. À nouveau, l'important est de suivre les recommandations fournies par les fabricants.

Comment utiliser l'acide lactique en injection ?

Enfin, l'acide lactique peut être utilisé en injection. Il n'est pas injecté sous sa forme liquide pure, mais sous la forme d'un polymère biocompatible et biodégradable appelé acide poly-L-lactique. Contrairement aux gels d'acide hyaluronique qui agissent comme des produits de comblement immédiat, l'acide poly-L-lactique est un inducteur tissulaire. Injecté au niveau du derme, il stimule de manière mécanique les fibroblastes pour relancer la synthèse de collagène. Cette technique est principalement utilisée pour restaurer les volumes perdus du visage et redonner de l'élasticité à la peau. Les résultats sont souvent très naturels et progressifs, le temps que les fibroblastes synthétisent les nouvelles fibres de collagène.

Avant (gauche)/4 semaines après (droite) injection d'acide poly-L-lactique.

Avant (gauche)/4 semaines après (droite) la dernière injection d'acide poly-L-lactique.

Source : GRAIVIER M. & al. Injectable poly-L-lactic acid (Sculptra): Technical considerations in soft-tissue contouring. Plastic and Reconstructive Surgery (2006).

Les injections d'acide lactique doivent être exclusivement pratiquées par un médecin esthéticien ou par un dermatologue.

Une séance dure environ trente minutes. Juste après l'injection, le médecin réalise un massage vigoureux de la zone pour répartir uniformément le produit. Le patient doit d'ailleurs reproduire ce massage chez lui selon la règle des 5 (masser la zone pendant 5 minutes, 5 fois par jour, pendant 5 jours) pour éviter la formation de nodules sous-cutanés. Un protocole complet requiert généralement deux à trois séances, espacées de quatre à six semaines, et les résultats définitifs apparaissent après quelques mois, le temps que le nouveau réseau de collagène se structure. Ces effets persistent jusqu'à 24 mois grâce à la rémanence du collagène néo-synthétisé.

Même si l'acide poly-L-lactique est hautement biocompatible et se dégrade naturellement en eau et en dioxyde de carbone, son injection présente des contre-indications absolues pour certaines personnes et exige des précautions d'emploi rigoureuses.

Les injections d'acide poly-L-lactique sont formellement interdites chez les femmes enceintes ou allaitantes, chez les patients souffrant de maladies auto-immunes actives, d'infections cutanées aiguës sur la zone à traiter, ou présentant des antécédents de cicatrices chéloïdes ou de troubles de la coagulation. De plus, l'acide poly-L-lactique ne doit jamais être injecté dans les zones très mobiles du visage, telles que les lèvres ou la ride du lion, sous peine de voir apparaître des granulomes. Enfin, il est recommandé de ne pas prendre d'aspirine ou d'anti-inflammatoires les jours précédent la séance pour limiter le risque d'ecchymoses, et d'éviter les efforts physiques intenses ainsi que les sources de chaleur durant les 48 heures suivant l'injection.

Des effets sur la peau de l'acide lactique pris par voie orale ?

Si l'acide lactique ne se trouve pas directement sous sa forme pure à boire, il existe néanmoins des gélules de bactéries lactiques, des ferments comme Lactobacillus ou Bifidobacterium. Ce sont ces micro-organismes vivants, omniprésents dans les aliments fermentés, tels que les yaourts, le kéfir ou encore le kombucha, qui produisent naturellement cet acide. Aujourd'hui, l'industrie de la nutricosmétique vante massivement les mérites de ces compléments pour atténuer les imperfections, les rougeurs ou les rides, grâce à ce qu'on appelle l'axe intestin-peau.

En laboratoire, le mécanisme théorique fonctionne. Les bactéries lactiques agissent comme des motifs moléculaires. Lorsqu'elles sont ingérées, elles se lient à des récepteurs de reconnaissance de motifs moléculaires, et plus particulièrement aux récepteurs Toll-like 2 exprimés sur les cellules de l'épithélium intestinal et les cellules dendritiques. Cette liaison recrute une protéine adaptatrice spécifique, la MyD88, qui active par cascade la voie des protéines kinases activées par des mitogènes et le facteur de transcription nucléaire NFκB. En migrant vers le noyau cellulaire, le NFκB régule la transcription de cytokines pro-inflammatoires, aidant ainsi l'organisme à mieux gérer l'inflammation, y compris celle à l'origine de dermatoses inflammatoires, comme l'acné ou l'eczéma.

De plus, des composants de la paroi de ces bactéries, comme l’acide lipoteichoïque isolé de Lactobacillus plantarum, ont montré in vitro une capacité à inhiber la production de TNF-α et à bloquer l'expression de la MMP-1, une enzyme responsable de la dégradation du collagène induite par les rayons UV. Il y a toutefois un fossé entre ces observations en laboratoire et la réalité de l'efficacité clinique chez l'être humain.

  • La viabilité des souches face à la barrière gastrique : Pour que ces processus cellulaires s'enclenchent, les bactéries doivent survivre à l'acidité de l'estomac et aux sels biliaires. La majorité des compléments alimentaires classiques ne garantissent pas cette survie, détruisant l'actif avant son arrivée sur les récepteurs intestinaux.

  • L'absence de preuve de passage systémique : Aucune étude scientifique ne prouve à ce jour que l'acide lactique ou ses dérivés ingérés voyagent de l'intestin jusqu'aux kératinocytes ou aux fibroblastes du derme. L'effet sur la peau, s'il existe, n'est jamais direct : il s'agit d'une modulation immunitaire indirecte et périphérique qui prend naissance dans la muqueuse digestive.

  • Une spécificité de souche : Les effets dépendent de la souche. Par exemple, si Lactobacillus paracasei semble pouvoir renforcer la barrière cutanée en réduisant la libération de la substance P, un neuropeptide lié à l'inflammation, une autre souche de Lactobacillus peut s'avérer inefficace.

S'il est scientifiquement exact que le microbiote intestinal et l'inflammation cutanée sont physiologiquement liés, un concept qui remonte aux travaux de STOKES et PILLSBURY en 1930, la capacité des gélules d'acide lactique à raffermir la peau ou unifier le teint reste encore à démontrer cliniquement.

Sources

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