Il serait toutefois injuste d’associer systématiquement la rosacée à la consommation d’alcool : si celle-ci peut exacerber les symptômes, la grande majorité des cas de rosacée survient indépendamment de tout alcool.
Les boissons chaudes.
Qu'il s'agisse d'un thé, d'un café ou d'un chocolat chaud, il est déconseillé de consommer ces boissons très chaudes lorsque l'on souffre de rosacée. Notons bien que ce ne sont pas ces boissons elles-mêmes qui sont incriminées, mais leur température. Bues très chaudes, elles favorisent une dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui entraîne rougeurs et bouffées de chaleur.
Les produits laitiers.
La place des produits laitiers dans la rosacée fait l’objet de débats.
Certaines observations suggèrent que les produits laitiers pourraient agir comme des déclencheurs de la rosacée, tandis que d’autres travaux épidémiologiques n’ont pas confirmé cette association, voire ont observé un effet neutre ou protecteur selon le type de produit consommé. Plusieurs hypothèses ont été avancées. Les produits laitiers contiennent des protéines bioactives et des facteurs de croissance pouvant influencer la signalisation inflammatoire. Ils peuvent également moduler le microbiote intestinal, de plus en plus étudié dans la rosacée en raison des liens entre dysbiose et inflammation systémique de bas grade. En l’état actuel des connaissances, il est donc difficile d’établir une recommandation générale.
Remarque : Les produits fermentés, comme le yaourt apportent des probiotiques susceptibles de soutenir l’équilibre intestinal, ce qui pourrait théoriquement atténuer l’inflammation cutanée retrouvée dans la rosacée.
Les aliments riches en graisses saturées.
Les aliments riches en graisses saturées, comme la charcuterie, les fritures et certains produits ultra-transformés, sont souvent évoqués parmi les aliments à éviter si on souffre de rosacée, bien que les preuves directes restent limitées. Cela étant, il est vrai qu'une alimentation riche en acides gras saturés favorise un état inflammatoire systémique de bas grade, qui pourrait théoriquement exacerber les symptômes de la rosacée.
Même s'il n'y a pas de preuve formelle pour la rosacée, une consommation modérée de graisses s’inscrit dans une démarche cohérente de santé globale.
Les aliments renfermant de la cinnamaldéhyde, comme la cannelle.
La cinnamaldéhyde est un un composé capable d’activer le récepteur TRPA1 (Transient Receptor Potential Ankyrin 1). Ce récepteur, exprimé par les fibres nerveuses sensorielles cutanées, intervient dans les mécanismes neurovasculaires et inflammatoires. Son activation peut entraîner la libération de neuropeptides vasoactifs, favorisant une vasodilatation des capillaires dermiques et l’apparition de rougeurs ou de sensations de chaleur. Toutefois, la dose seuil susceptible d’induire une réaction n’a pas été clairement établie, et la sensibilité varie fortement d’un individu à l’autre.
Bon à savoir : Outre la cannelle, la cinnamaldéhyde est présente dans les tomates, les carottes, le chocolat, les pommes et les oranges, ce qui ne signifie pas pour autant que ces aliments doivent être évités en cas de rosacée. Vous pouvez en consommer et, en notant les périodes où vous avez des poussées de rosacée, vous verrez si votre peau est sensible à ces aliments.
Que vous souffriez ou non de rosacée, toute modification importante du régime alimentaire doit idéalement être discutée avec un professionnel de santé au préalable. Ce dernier pourra vous aider à distinguer les véritables facteurs déclencheurs des simples coïncidences et pourra vous donner des conseils en fonction du sous-type de rosacée, notamment en cas de rosacée papulo-pustuleuse ou de rosacée oculaire. L’objectif est d’agir de manière globale, sans multiplier les restrictions inutiles.